Porsche 911 Carrera GTS : Une sportive pour tous les jours

Porsche 911 Carrera GTS : Une sportive pour tous les jours

Essayer une Porsche n’est pas qu’un privilège. C’est d’abord une rencontre, un instant précieux de sensations fortes et surtout une expérience inoubliable. En particulier, lorsque cette Porsche est le modèle le plus emblématique dans l’histoire de la marque : la 911. Lancée en 1964 et vendue depuis à plus de 700.000 exemplaires, à travers six générations, elle a aujourd’hui le titre de «sportive la plus vendue au monde». Un succès commercial doublé d’une belle carrière en compétition, avec plus de 20.000 victoires, y compris dans des épreuves aussi ardues et boueuses que le rallye Paris-Dakar qu’elle avait remporté en 1984. C’est donc un mythe que Porsche avait décidé de décliner en quelques versions et variantes de carrosserie, histoire de diversifier sa gamme et ce, bien avant d’investir d’autres segments (via les Cayenne et Panamera). Aujourd’hui, la gamme 911 compte pas moins de 22 modèles! Parmi eux, nous avons eu l’occasion d’en essayer trois à savoir, la 911 Carrera GTS, sa déclinaison cabriolet, ainsi que la puissante 911 Turbo S. Un privilège donc. Tout journaliste automobile qui se respecte ne peut critiquer le design de cette voiture. À l’inverse d’un «néophyte» (n’utilisons pas un autre qualificatif moins bienséant), qui pourrait vite parler de perpétuelle banalité. À ce dernier, nous dirons que la ligne historique de la 911 est voulue ainsi parce que telle est sa philosophie: «un design épuré et sans détails inutiles». Voilà pourquoi la toute dernière version conserve un style sobre, marqué par des surfaces lisses et reconnaissable par un profil devenu intemporel. Mais les authentiques «Porschistes» sauront facilement différencier la nouvelle 911 de l’ancienne. Ce qui a changé ? Le bouclier avant, les jupes latérales et le spoiler arrière désormais en polymère technique noir. Ce dernier intègre quatre sorties d’échappement en revêtement nano structuré qui fait que ces tubes ne se salissent jamais. L’ensemble est monté sur les belles jantes noires «RS Spyder» de 19’’ qui chaussent, par défaut, des pneus haute performance (Pilot Sport), spécialement conçues par Michelin. Puis, finalement, il y a bien un indice qui distingue cette nouvelle 911, la présence des monogrammes Carrera GTS sur le bas des portières. Pour le reste, cette nouvelle mouture reprend les fondamentaux de toute 911. Parmi ces élèments, citons un moteur six cylindres à plat (ou «flat-six» comme disent les anglophones) placé à l’arrière, une répartition spécifique des masses (38% à l’avant/62% à l’arrière) ou encore, des détails intérieurs, telles que l’instrumentation à 5 cadrans et la clé de contact toujours placée à gauche (du volant). Et justement, l’habitacle de cette Porsche joue la même partition, sobre et épurée. La planche de bord dénote d’une austérité germanique bienvenue, parachevée par le toucher soyeux de l’Alcantara, matériau aussi noble que le cuir et qui habille le volant à trois branches, le levier de vitesses et le ciel de toit. Bien évidemment, l’ambiance est résolument sportive avec de magnifiques sièges sport et un chrono placé en haut de la console centrale. De quoi réveiller l’instinct de pilote qui sommeille en tout un chacun…
Stricte deux places, la 911 peut recevoir en option (gratuite) une fausse banquette à l’arrière. Idéale pour transporter temporairement deux enfants, elle devient utile et complémentaire à un coffre d’environ 105 litres. Au-delà de toutes les apparences, la 911 est avant toute chose un joli travail d’ingénieurs. Une œuvre très aboutie et constamment améliorée. Du «kaizen» à l’allemande. Ainsi, la 911 de 2011 a vu ses voies arrière élargies de 44 mm et son châssis surbaissé de 10 mm.
C’est ce qui permet au constructeur de Zuffenhausen de parler d’une «tenue de route sensiblement améliorée». Nous en avons fait la merveilleuse expérience sur les routes nationales et plus précisément au sud de Marrakech. L’occasion de redécouvrir la beauté pittoresque de cette région, entre ses différentes localités (vallée de l’Ourika, Amizmiz, Tahanaout…) et surtout de profiter de la conduite exaltante que procure une Porsche lâchée sur des routes peu encombrées. Fort d’une puissance de 408 chevaux (pour 420 Nm), le 3,8 litres à injection directe fait, à lui seul, de la Carrera GTS une sportive accomplie. À son tour modernisé, ce «flat 6» profite d’un nouveau système d’admission à géométrie variable, doté de 6 clapets de résonance commandés par dépression. De la haute voltige mécanique qui nous parle peu par rapport aux sensations de conduite. Sans avoir mesuré le 0 à 100 km/h (annoncé à 4,2 sec), ni poussé ce coupé à ses retranchements (vitesse maxi de 306 km/h), on ne s’est pourtant pas privé des plaisirs qu’il procure. Y compris à l’ouie, surtout qu’un bouton permet de modifier le son du moteur pour des vocalises encore plus envoûtantes. Les choses sont poussées à leur paroxysme lorsqu’on est à bord du cabriolet, cheveux au vent et casque sonore virtuel pour le plus beau des concertos. Quant à la puissante et tonitruante Turbo S (530 ch et 700 Nm), elle paraît docile et tranquille en conduite souple, mais se transforme aussitôt en bolide de course dès que l’on enfonce la pédale de droite. Une belle invitation à la brutalité qui reste toujours scotchée au bitume et qui, comme la Carrera GTS, est loin d’être incompatible à une utilisation quotidienne et urbaine. Cela nous amène à dire et penser que la 911 est une sublime association de contradictions !
Question fiabilité, le doute n’est pas permis, surtout lorsqu’on apprend par la voix du responsable département Presse de Porsche France que «65% des 911 produites dans l’histoire de Porsche, roulent encore» !
Reste la délicate question de pouvoir acquérir un tel bolide, dont les prix démarrent bien au-delà du million de dirhams (voir encadré). Ce n’est pas accessible à tous, certes, mais pas non plus prohibitif pour une certaine clientèle, constituée à la fois de connaisseurs et de jeunes managers qui ne n’hésitent plus à afficher leur réussite professionnelle. D’où la chance que l’on a lorsqu’on est journaliste automobile ou pilote essayeur (ne serait-ce qu’occasionnellement) et que d’aussi belles carrosseries se retrouvent entre nos mains, le temps d’un week-end ou même d’une journée. Tel est le sentiment que l’on pourrait avoir lorsqu’on est au volant d’une 911 cabriolet et que l’on déboule sur les belles routes du Sud marocain, le front caressé par la brise, une petite montée d’adrénaline dans les hauteurs sinueuses, mais calmée par le vrombissement enivrant qui provient de l’arrière où loge le flat-six. Une véritable mélodie du bonheur… Croyez-le ou non : nous faisons le plus beau métier du monde !

 


Toutes les versions, tous les prix (TTC)

911 GTS Coupé……1.450.000 DH
911 Cabriolet………..1.590.000 DH
911 Turbo S………….2.400.000 DH

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