Première étude Amica-GiPa : un rapport qui vaut de l’or

Casablanca, au siège de la CGEM. C’est là qu’avaient donné rendez-vous, jeudi dernier, MM. Larbi Belarbi et Eric Devos respectivement président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (Amica) et directeur commercial du Groupement inter professionnel de l’automobile (GiPA). Objet de cette rencontre : présenter les résultats d’une étude menée sur le marché et le parc automobile marocains. Vraisemblablement, certains conviés  n’ont pas répondu présents à cette invitation. Et ils ont eu tort ! Car cette étude, diligentée par l’Amica dans le cadre du Programme d’appui aux associations professionnelles (PAAP), gérée par la CGEM et financée par l’Union européenne, apporte bel et bien une lecture réelle, approfondie  et très intéressante du marché automobile. Sans avoir dévoilé toutes les conclusions de ce «rapport» qui ressemble plus à une radioscopie de l’automobile au Maroc, Eric Devos a mis en lumière des caractéristiques jusqu’ici imprécises sur ce secteur. On apprend ainsi, que le taux de motorisation a atteint 84,8% à fin 2009, alors qu’il n’était que de 7,4% en 2001 ! Le parc automobile roulant se chiffre désormais à environ 1.457.000 véhicules (hors camions et poids lourds), approximativement répartis comme suit : 1.100.000 de voitures particulières (VP), 292.000 véhicules utilitaires légers (VUL), 50.000 VP et VUL immatriculés par l’Etat et 10.000 véhicules appartenant à des loueurs courte durée.
84% du parc est constitué de voitures européennes, dont 47% sont des marques françaises. De même, l’âge moyen du parc est de 10,5 ans, alors qu’il est par exemple de 8,9 ans en France, 7,1 ans en Espagne et 6,7 ans au Royaume-Uni. Toujours dans notre parc et selon cette même étude, le kilométrage moyen est d’environ 169.200 km, alors qu’il n’est que de 103.000 km dans les cinq premiers pays d’Europe occidentale. De même, 39% des véhicules ont déjà parcouru plus de 150.000 km. C’est dire tout le potentiel de croissance du marché de la pièce de rechange et des réparateurs.
32% des véhicules immatriculés en 2001 étaient des premières mains… un taux qui est passé à 93% en 2009 ! Sans grande surprise, le parc roulant carbure à 40% en essence et 60% en diesel.
Puis surtout, le circuit de la réparation et de l’entretien est marqué par une inégalité flagrante entre les différents prestataires. Les interventions (en après-vente) sont réalisées principalement par des mécaniciens ou réparateurs automobile (58%), les stations-service (21%), les marques automobile ou «maisons» (11%), ainsi que les pneumaticiens (5%) et les enseignes spécialisées (5%) comme Speedy ou Midas. Toujours dans le même ordre d’idées, six opérations sur dix sont faites volontairement par l’automobiliste pour ce qui est de la maintenance, ce qui renvoie à une véritable prise de conscience. En revanche, l’étude révèle que 11,5% des voitures du parc roulant ont déjà eu (au moins) un accident, alors que ce taux est de 10,6% en Europe occidentale ce qui n’est pas normal. Car, l’ordre de grandeur n’est pas le même, puisque à titre d’exemple, la France compte 36 millions de véhicules en circulation, alors que notre parc dépasse tout juste un million.
Autre information qui pourrait intéresser les marketeurs et publicitaires de l’automobile au Maroc, 64% des conducteurs marocains ont accès à Internet, soit le même taux que dans un pays européen fortement industrialisé comme le Royaume-Uni, mais un peu moins qu’en France (72%) ou en Allemagne (85%). Bref, cette étude menée auprès de 2.051 personnes donne une idée plus imagée et apporte de précieux enseignements sur le parc automobile roulant au Maroc, tant sur les plans qualitatifs que quantitatifs. En gros, il en résulte que le marché automobile marocain présente toujours un fort potentiel de croissance. Le marché de l’après-vente est dominé par les petits prestataires indépendants, ce qui ne sera plus possible à l’avenir, au vu de la sophistication croissante des véhicules. Là encore, c’est un véritable marché (et levier de rentabilité) qui se présente aux importateurs automobiles marocains, quant à augmenter le nombre de leurs «entrées atelier». Enfin, cette étude est une jolie preuve qu’au sein de l’Amica, on ne se tourne pas les pouces. Cette association, sans avoir de grand pouvoir décisionnel, participe d’une manière effective à un travail de fond : dessiner les contours normatifs de l’industrie automobile marocaine telle qu’elle est projetée vers l’avenir et impulsée par la volonté politique la plus haute du Royaume. Le seul regret serait de voir les données de cette étude rester inexploitées au profit de l’amélioration de l’automobile au Maroc. Un secteur très porteur, mais truffé de carences. Cela va de la qualité des carburants, à la mise à niveau des équipementiers nationaux, en passant par la professionnalisation des petits métiers (vendeurs de pièces, réparateurs…) et surtout la réforme d’un centre d’homologation dépassé, voire obsolète. Y a encore du chemin à faire…

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