Ventes de voitures neuves : Peugeot revient en force

Mi-figue, mi-raisin. C’est en gros ce que l’on pourrait dire pour qualifier l’état actuel du marché automobile national et plus précisément les ventes de voitures neuves de tourisme, qu’elles soient importées (CBU) ou montées localement (CKD). Et pour cause, les chiffres enregistrés durant le mois de juillet font état d’une baisse globale de l’ordre de 3,61% en glissement annuel, mais surtout de variations contrastées entre les importateurs automobiles. En effet, certaines marques sont passées au rouge, tandis que d’autres ont pu repasser au vert, voire améliorer leur position dans le Top10. Ce dernier reste toujours un référentiel de choix pour jauger le marché, dans la mesure où les dix marques qui le composent réalisent (et détiennent) plus de 76% des ventes de voitures particulières (VP) importées. Celles-ci se sont chiffrées à 5.537 unités en juillet, soit en léger recul (-0,72%) par rapport à la même période l’an dernier. Et avec 680 VP comptabilisés (toujours durant juillet dernier), c’est la marque Peugeot qui a réalisé la meilleure performance commerciale mensuelle dans le marché des VP importées. L’importateur du Lion profite toujours de la santé insolente du trio 206+, 207, 308, ainsi que du succès grandissant pour le 3008, mais aussi des bonnes retombées commerciales post-salon (Auto-Expo). De ce fait, Peugeot devient non seulement numéro 1 de la voiture importée au cumul annuel, mais repart à la hausse et porte sa pénétration dans cette classification à 11,53% de part de marché. Même tendance pour son challenger et compatriote, Renault, qui a également dépassé les 600 ventes (620 précisément) de voitures de tourisme importées et renoué avec la croissance. En cause, le succès infaillible de sa gamme équilibrée et constituée de plusieurs modèles phares (Symbol, Clio, Kangoo, Mégane et Fluence), mais aussi la diversification de ses points de ventes. Aujourd’hui plus qu’hier, la marque au losange profite d’une bonne image auprès des Marocains, grâce à un retour remarqué de la fiabilité, ainsi que quelques modèles d’image (Mégane Coupé, Laguna Coupé). Autre label à avoir signé un bon mois de juillet, Volkswagen s’installe désormais sur la troisième marche du podium avec 3.522 VP vendues, dont 473 durant le mois dernier. La principale marque importée par la Centrale Automobile Chérifienne affiche une très bonne croissance (près de 24%) et lorgne les 10% de part de marché. Une belle percée que l’on doit au bon «comportement» commercial de certains nouveaux modèles comme la Polo IV, la Golf VI et la Passat CC. Juste derrière, la marque Hyundai a cumulé 3.368 ventes de VP, dont 542 réalisées en juillet. Malgré un léger recul (-3%), l’importateur du premier constructeur coréen réussi à préserver une importante part de marché (9%), tout en prévoyant de l’améliorer. Un optimisme qui tient la route, en comptant notamment sur les nouveautés fraîchement introduites (ix35) et celles au lancement imminent (i20). Arrive ensuite Kia Motors Maroc, qui a fait autant que son concurrent sud-coréen en juillet (541 unités), mais qui reste en net repli en glissement annuel (-28%). KMM aurait probablement (assurément en fait) gagné à disposer d’une compacte tricorps, en l’occurrence la nouvelle Cerato, avec un diesel sous le capot. Bien évidemment, le fait que cet importateur se maintiennent dans le Top5 montre bien que ses ventes sont loin de s’effondrer. Idem pour le label qui le suit, mais qui lui affiche toujours une croissance soutenue et à deux chiffres. Il s’agit de Ford dont les ventes en juillet ont approché les 450 unités et porté le cumul annuel à plus de 2.800 unités et sa part de marché à plus de 7,5%. La marque à l’Ovale Bleue surfe toujours sur le succès de la Fiesta, laquelle truste toujours la première place de son segment (citadines polyvalentes). Cela, malgré l’entrée en scène depuis plusieurs semaines de la nouvelle C3 qui, visiblement, a moyennement permis à Citroën de se maintenir dans les ventes, avec bien sûr, le concours d’une C4 affichée à prix promotionnels. Malgré une évolution toujours négative (-4%), la marque aux chevrons conserve une part de marché respectable d’environ 5,5%. Tel n’est plus le cas de Toyota du Maroc (4,96% en PDM) dont les ventes, toujours en baisse durant juillet (200 unités), démontrent qu’il est encore loin le moment où il sortira du rouge (-33%). En neuvième position, la marque Fiat a, elle, réalisé son meilleur mois de l’année avec 332 unités en juillet. Malgré une évolution négative (-17%), la filiale marocaine du constructeur turinois devrait rester, dans les semaines qui viennent, sur un trend (commercial) haussier et ce, du fait de deux nouveautés récemment lancées (Punto Evo et nouveau Doblo). Enfin, fermant la marche du Top10, Suzuki Maroc avance doucement mais sûrement avec 1.308 VP vendues cette année, dont 133 en juillet. «Doucement», car malgré une croissance spectaculaire (+65%), ses ventes mensuelles restent moyennes (rarement au-dessus de 200 unités) et surtout principalement liées au best-seller Celerio. Attention au succès du modèle unique ! Fort heureusement, cet importateur peut espérer de plus beaux jours, et continuer à travailler sur l’amélioration de la perception de l’image de Suzuki au Maroc et surtout, en étudiant l’importation de la nouvelle Swift Diesel (produite en Europe). Du côté des voitures montées localement (CKD), Dacia domine toujours. Car si les premières ventes (et livraisons) du Duster (modèle produit en Roumanie) ne se comptent pas encore par millier, celles du duo Logan-Sandero restent assez fortes et plus précisément à près de 10.900 unités en 2010, dont 1.883 en juillet. C’est colossal et pratiquement le double de ce qui se fait pour le Kangoo produit à la Somaca, qui a dépassé les 5.800 exemplaires vendus, dont 707 en juillet. Loin derrière, les Peugeot Partner et Citroën Berlingo tiennent difficilement la cadence et affichent une baisse à deux chiffres. Reste maintenant à voir si les mois d’août et de septembre ne seront pas frappés d’une torpeur estivale et post-ramadanienne… L’économie nationale étant ce qu’elle est (cyclique, mais difficilement prévisible), les indicateurs ne sont pas des plus optimistes quant à l’évolution du marché automobile national.

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