100% Jamal Berraoui : Le double jeu du PJD

A l’issue des municipales de 2003, les islamistes ont opté pour des alliances avec tout le monde. L’objectif politique était de normaliser ce parti mis à l’index après les événements du 16 mai. Ainsi, si le PJD n’a obtenu que quelques présidences, il participe à la gestion de plusieurs communes dont Casablanca, Rabat et Salé par le biais des alliances. Seul le PPS n’a fait aucune alliance avec les islamistes, sauf à Berkane et les fautifs ont été virés. A la veille de l’année électorale qui se profile, le PJD est en train de faire éclater toutes les alliances. A Salé, il tente de bloquer le fonctionnement de la municipalité. A Rabat et à Casa, il mène lui-même la fraude contre les distributeurs d’eau et d’électricité. Partout, il joue à l’opposition, tout en sauvegardant les délégations de signature. A Meknès, ville qui devait constituer le symbole de sa bonne gouvernance, il met ses échecs sur le dos du wali Hassan Aourid. La faillite de la gestion de Belkora touche tous les secteurs et elle est antérieure à la nomination de l’ex-porte-parole du Palais. Nous sommes face à une stratégie politique d’irresponsabilité au sens premier du mot. Le PJD veut retrouver les joutes électorales immaculées. Les alliances passées lui ont permis d’atteindre son objectif, celui de la normalisation et accessoirement la formation de ses élus à la gestion communale. Aujourd’hui, il veut se démarquer en refusant d’assumer la cogestion. Ladite cogestion n’a apporté ni la transparence, ni l’honnêteté ni l’efficacité. A Khouribga, en pleine session du Conseil municipal, le chef de file des islamistes a textuellement dit au président : «Vous avez des frais et nous comprenons que vous prélevez 10% sur les marchés, c’est Halal, le plus important, c’est le travail». Les élus de l’opposition en ont fait un cheval de bataille mais le PJD au niveau central n’a jamais dénoncé son représentant à Khouribga. Comme sur tout le reste, le PJD c’est l’arnaque à tous les étages. Le double langage concerne les institutions, en particulier «Imarat Al Mouminine», le rôle de la religion, l’interdépendance entre les structures du MUR et celles du parti, le racisme anti-juif, la question de la femme, les libertés individuelles et maintenant la pratique politique. Par exemple, le PJD a voté la loi antiterroriste et c’est lui qui mène la campagne pour la dénoncer. Ce comportement ne vient pas uniquement de la personnalité de ses dirigeants, il est d’abord le reflet des contradictions politiques du moment. Le PJD est porté par un mouvement qui le dépasse. La tendance au sein de ses bases est à la radicalisation non au prétendu centrisme de la direction. Les bases pensent qu’une victoire électorale, qu’une certaine presse, en dépit de toute logique, annonce comme imparable, serait l’annonce du grand soin. Les dirigeants savent qu’il n’en est rien. Ils ne pourront pas interdire l’alcool, qui n’est que toléré, ni revenir sur la mixité dans les écoles, ni disloquer le système bancaire pour des raisons objectives, tenant à l’intérêt supérieur de la nation. Tout simplement parce que leurs fantasmes seraient une catastrophe nationale s’ils étaient mis en pratique. L’un des dirigeants l’a bien compris, c’est Mustapha Ramid et il la joue «grand». Il appelle à la limitation des candidatures pour ne pas entrer au gouvernement, parce que celui-ci n’a pas les pouvoirs. Le même Ramid, la même semaine, traite Benhima de laïc, parce qu’il a «grandi dans une famille laïque», comprenez que sa mère est Française. Les bases peuvent être rassurées, leurs dirigeants sont toujours aussi racistes qu’elles.

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