A dire vrai… Ils sont jeunes…. Ils veulent changer le monde

A dire vrai… Ils sont jeunes…. Ils veulent changer  le monde

Ils sont jeunes. Des filles et des garçons entre vingt et vingt-cinq ans. Ils étaient cinq cents, venus des quatre coins du monde : Australie, Brésil, Nouvelle-Zélande, Maroc, Grande-Bretagne, Afrique du Sud, Russie, Espagne, Tunisie, Corée du Sud, Pakistan, Palestine, Canada, Malaisie, Philippines, États-Unis, Thaïlande, Nigéria, Irak, Azerbaïdjan, Finlande, France, Grèce, Kenya, Norvège, Arménie, etc.

Ils avaient surmonté les difficultés du voyage. Un voyage qui, pour certains, avait duré près de vingt-quatre heures dans les avions et les aéroports. Pour se retrouver tous un dimanche d’octobre 2013 à Kuala Lumpur, cette belle ville d’Asie du Sud-est, modèle d’urbanisme moderne, exemple de civisme sociétal, d’une propreté éclatante, où l’on n’entend pas le moindre klaxon. Ils étaient tous venus avec la même idée en tête : changer le monde.

Ils ont rompu avec le traditionnel «Pouvoir d’un seul» que l’humanité a connu jusqu’au siècle dernier, celui des Edison qui travaillaient seuls dans un laboratoire, dans un seul pays, mettaient au point un seul produit, dans une seule unité de production. Ceux-là appartiennent à la préhistoire. C’est à plusieurs que les jeunes d’aujourd’hui s’attaquent aux problèmes du globe. Ils ignorent les frontières, se moquent des différences de religion, de sexe ou de langue. Le monde est leur pays. Ils collaborent et échangent en anglais. Ils vivent, mangent et dorment le smartphone dans une main, l’ordinateur portable dans l’autre. Ils baignent dans Internet, manipulent des technologies qui ne sont nouvelles que pour leurs aînés. Ils y sont nés comme Obélix est tombé dans la potion magique à sa naissance.

Réunis sous le ciel tropical de la Malaisie, devenue l’espace d’une semaine la capitale de la jeunesse entreprenante mondiale, oubliant de dormir, se sustentant à peine, allongés à même le sol, en groupe de dix, plongés dans leurs ordinateurs, accrochés à leurs smartphones, ces jeunes, portés par leur enthousiasme, transcendés par leur énergie, sublimés par leurs rêves, avaient travaillé en équipe pour diagnostiquer les maux du monde, concevoir des solutions, programmer des Apps. Entendez par là des applications que le commun des mortels utilisera sur son mobile ou son ordinateur.

Des Apps qui vont permettre à un aveugle de voir, à un jeune de choisir les études qui correspondent à sa vocation et de tracer à l’avance le cours de son parcours professionnel, aux soucieux de la nature de planter des arbres là où ils le souhaitent, aux analphabètes de gérer leurs revenus, aux femmes battues de trouver réconfort… Tout cela, avec de simples clics de souris ou la pression de quelques boutons du téléphone portable.
En quelques jours, près d’une cinquantaine de problèmes du monde avaient trouvé leur solution et n’attendaient que des investisseurs, des Business Angels et autres Venture Capitalists pour semer les fonds initiaux dans des start-up innovantes qui changeraient la face du monde.

L’Histoire nous apprend qu’au cours des siècles, chaque génération a dû faire face à des défis et des opportunités qui l’ont en retour modelée et façonnée. Les jeunes du début du dix-neuvième siècle avaient ouvert les yeux sur les balbutiements de l’industrialisation. Les enfants des temps de guerre embrassent des valeurs et développent une vision du monde bien différente de ceux qui grandissent en temps de paix.
Pour les jeunes de ce début de siècle, le principal défi auquel ils doivent faire face est celui du chômage persistant qui affecte toutes les régions du globe. La crise qui fit dérailler l’économie mondiale en 2008 a concerné toutes les catégories sociales, mais sans conteste les jeunes davantage encore. De nombreuses études indiquent que le quart de la jeunesse est non seulement sans emploi, mais ne fréquente pas les écoles et ne bénéficie d’aucune formation. En Afrique, les jeunes constituent 80% de la population en chômage. En Grèce et en Espagne les jeunes de 24-25 ans comptent pour la moitié des sans-emplois. Aux États-Unis, le chômage des jeunes est le double de la moyenne nationale.

Les problèmes du monde s’accumulent, perdurent et s’aggravent. Chômage certes, mais également santé, système éducatif, environnement, pauvreté, inégalités sociales… Les jeunes veulent les résoudre, ici et maintenant. Ils ne comptent plus sur leurs aînés pour le faire. Ils ont des solutions et piaffent de les mettre en œuvre. Aujourd’hui, sans tarder. Ils ne peuvent, ni ne veulent, attendre.
Ils le démontrèrent amplement à Kuala Lumpur. Ils y sont attelés, tous les jours, dans toutes les régions du monde.
Le monde qu’ils veulent changer en est-il conscient ?

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