Ces enfants de «Marocains moyens !»

Ces enfants de «Marocains moyens !»

Le terme est volontairement inhabituel, car si c’est un lieu commun que de dire qu’il existe plusieurs jeunesses dans notre société, il est  pourtant une de ces jeunesses dont l’on parle bien peu, sans doute parce qu’elle-même ne fait pas parler d’elle.

Il s’agit de ces millions de jeunes issus de ce que l’on appelle la classe moyenne, en fait de l’immense majorité de notre population. Ces Marocains qui ne sont pas des nantis, qui travaillent dur pour vivre et faire vivre leurs familles et consentent de lourds sacrifices pour donner à leurs enfants une éducation digne de ce nom. Les appeler «Marocains moyens»n’est pas péjoratif loin de là, cela désigne au contraire cette partie des nôtres qui contribue énormément au développement de notre pays, n’ayant pas la fortune des plus riches, mais ayant le bonheur de ne pas être parmi la classe la plus fragile de notre société, que l’on appelle «démunis».

Aujourd’hui, me semble-t-il, il nous faut faire le pari d’agir pour, par et avec la partie de notre jeunesse issue des couches moyennes ayant accès au savoir, ayant accès à l’ouverture au monde grâce au net. Non pas pour abandonner la jeunesse la plus modeste ou la contourner, mais tout au contraire pour que la jeunesse scolarisée, intégrée et possédant les outils de la communication et de la connaissance soit le maillon de la chaîne capable de relier les jeunes en panne d’insertion au train du développement. Pari risqué ? Non si la jeunesse «en pointe» accepte de jouer le jeu et si la jeunesse «en attente» saisit la main tendue…

Cette tranche de la population, cette partie de la jeunesse a un rôle charnière dans notre société actuelle : la «bourgeoisie parvenue» ne remplissant pas sa fonction de locomotive car trop égoïste, trop inculte, trop «après moi le déluge», c’est à cette classe moyenne que revient la mission de tirer l’ensemble de notre population vers le haut. Or malheureusements ces Marocains moyens sont ceux qui sont les plus ponctionnés par l’état, ceux qui sont les grands oubliés des différents discours et dispositifs des élus.

La jeunesse actuelle est abandonnée par ceux qui ont réussi mais qui ont négligé de transmettre espoir, valeurs et enseignements. Où sont les interlocuteurs? La jeunesse est livrée à elle-même : entre absence de transmission du savoir, manque d’accompagnement, mémoire en panne…quant à la jeunesse que l’on baptise «dorée», elle est toute aussi seule et livrée à  ce semblant de bonheur que procure l’argent facile : le «paraître…»

Il nous faut miser sur ces jeunes, les aider, ils n’hériteront pas de leurs riches parents, ils seront ceux qui se sont construits par eux-mêmes et porteront les espoirs d’une génération ! Ces jeunes, j’en rencontre des milliers dans les écoles, dans les facs, dans les structures associatives, dans des groupes sur la Toile, investis dans un mouvement, une cause…ils sont patriotes, ils en veulent, ils sont les forces vives de notre pays. Cette jeunesse de la classe moyenne est capable de relever le défi, c’est d’elle qu’émergent les «garde-fous», c’est elle qui tente de créer les conditions de notre propre réussite. Ne la négligeons pas !

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