Hors-jeu : Aouzal, l’indétrônable

Il ne s’affiche pas souvent en public. Il est très discret, mais il a l’oeil sur tout à partir de son bureau personnel. Notre Aouzal national ne peut pas être partout lorsqu’on sait qu’il bat le record du cumul des fonctions dans les fédérations, clubs et autres organes sportifs.
Il doit être un génie, cet assureur qui préside aux destinées du GNF, du comité provisoire de l’athlétisme, du comité directeur du Raja sans oublier son poste de vice-président de la fédération.
Cet assureur assure les fonctions tous risques. S’il ne peut pas être partout, il possède toutefois des yeux et des oreilles qui lui rapportent les moindres détails de ce qui se passe dans les instances sportives qu’il est censé diriger. Car dans le fait, il ne dirige rien. Il supervise tout, du provisoire au néant, en entretenant les scandales, par rapporteurs interposés, et en tirant sans sommation par des jugements définitifs. Il est intouchable et possède, curieusement, beaucoup d’admirateurs dans la sphère des dirigeants, voire dans la presse qui le comble de sa bienveillance. On ne sait pas comment on loue ces qualités de gestionnaire lorsqu’on sait que cet homme voyage beaucoup dans sa vie professionnelle et sa vie privée. Mais il doit avoir certainement des entrées partout aussi bien dans la plus haute sphère des dirigeants de notre sport et chez certains journalistes qui le hissent dans le piédestal de la gestion sportive. Sinon il n’aurait, jamais, cumulé autant de fonctions avec autant d’échecs sans qu’il ne soit éjecté de ses multiples fauteuils luxueux. Car Aouzal, pour ceux qui ne le connaissent pas, est le gestionnaire, par excellence, de tout ce qui est voué à l’échec, à l’illégalité et à l’arbitraire. Sa qualité essentielle, qui lui a permis de perdurer à la tête de ces instances sportives, est d’être devenu spécialiste du report des assemblées générales. Une invention géniale pour demeurer dirigeant, au pluriel, à vie.
Il est vraiment génial ce monsieur qui a réussi, dans un Etat de droit comme le nôtre, de rendre une sentence par un comité provisoire illégal. Il a suspendu à vie Khalid Boulami coupable présumé d’avoir incité des athlètes marocains à prendre la nationalité bahreïnie. C’est bien de condamner le manquement à l’éthique sauf qu’il faut commencer par soi-même quand un juge enfreint la loi. Or Aouzal n’est nullement habilité à juger un athlète tant qu’il apprivoise l’illégalité en violant la loi du sport pour maintenir un comité provisoire qui a dépassé la limite légale. On ne peut pas être juge et accusé à la fois sauf si l’on se croit dans une république bananière. Ce qui n’est pas le cas chez nous. Aouzal incarne le dirigeant illégal qui se régale et qui rigole sans se soucier de la dérive dans laquelle il mène notre sport notamment l’athlétisme et le football.

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