Hors-jeu : Belkhayat, l’Africain

On ne le voit pas beaucoup à la télévision, ni dans les colonnes de la presse écrite. Pourtant ce dirigeant a beaucoup à dire que les inévitables figures qui squattent les médias à longueur de l’année pour nous répéter le même refrain de tout ce qui est inintelligible.
Ce dirigeant invétéré, consciencieux et passionné, est trop occupé pour réfléchir et agir que de parler dans le vide. Il a longtemps roulé sa bosse dans les arcanes du sport et national et occupe aujourd’hui un poste qu’aucun Marocain n’a encore occupé. Il s’agit, bien sûr, de Said Belkhayat, le membre du comité exécutif de la CAF et l’ex-président charismatique du MAS.
Un homme d’une grande humilité, généreux de coeur et toujours disposé à servir notre football sans en attendre le moindre intérêt. Hadj Belkhayat est un homme de bonne famille qui a le football dans le sang et dans les traditions de la famille. Son oncle Majid Benjelloun était devenu président de l’équipe fassie juste après l’indépendance tout comme son frère Abdou qui a été contaminé par le virus du football. Said Belkhayat a commencé avec le hand-ball déjà en 1966 avant d’être happé par la gestion du football en 1971 du temps du président Mohamed Benjelloun. Il devient président du MAS en 1981 avec lequel il remportera plusieurs titres en championnat et en coupe tout en lui insufflant une nouvelle méthode de gestion. Pendant les dix ans qu’il a passé à la tête du MAS, il a mis en place toutes les structures d’un club omnisports géré par le parrainage qui venait de commencer à l’époque.
Il est l’un des premiers professionnels de la gestion sportive moderne, entamé par des pionniers comme l’inoubliable Abderrazak Mekouar et feu Abdeltif Semlali. L’ex-président du MAS était toujours en avance sur son temps, c’est pour cela qu’il ne cesse de répéter que chez nous on n’entame une action que quand sa faisabilité se trouve dépassée.
Cet industriel de profession sait tisser les relations avec les instances extérieures autant que le fait sa société de filature. Il travaille en profondeur, mais sans fanfares. Personne ne sait par exemple qu’il a mis tout son savoir-faire en compagnie du président de la CAF, Issa Hayatou, pour que feu Belqola arbitre la finale de la coupe du monde. Comme il était le premier Marocain à intégrer la CAF en 1987, il a milité pour que d’autres compatriotes siégent dans cette instance africaine.
Aujourd’hui ils sont sept membres à occuper des postes à la CAF alors qu’il y avait quelque temps le Maroc désertait à tort la famille africaine footbalistique. Belkhayat ne dit rien, il travaille. Il n’est jamais rentré dans le jeu perfide de la médisance qu’entretiennent avec un art cynique les dirigeants de notre football. Non, Belkhayat n’est pas comme la majorité des responsables de notre football. Il est tout simplement un excellent gestionnaire et un homme honnête.

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