Hors-jeu : La concession du sport

L’équation est universellement complexe. Quand on veut partager un gâteau en plusieurs parties, la balance penche naturellement vers l’iniquité. Un petit gâteau est en principe indivisible sauf qu’on est obligé par la force de la politique à le rendre en miettes. C’est pour cela qu’on plaint le Premier ministre, Driss Jettou, qui a souffert le martyre pour partager le gâteau gouvernemental. D’autant plus qu’il avait à satisfaire la gourmandise de six partis reconnus, plus celui de l’Etat avec ses ministères de souveraineté sans oublier le nouveau parti des technocrates affiliés. C’est pour cela que Driss Jettou a été acculé à faire beaucoup de promesses aux chefs de partis politiques.
A certains, il aurait promis de réserver un poste de conseiller à la Primature et à d’autres de diriger des hauts commissariats. La coupe est pleine et notre malheureux sport risque de tomber dans l’escarcelle trouée des concessions politiques. Le Haut Commissariat au Sport serait donc en ballottage entre les partis politiques mécontents de leur part du gâteau.
Un sport partisan implique inéluctablement plus de militants néophytes en la matière que de spécialistes. Driss Jettou, en tant que technocrate avéré, devrait chercher dans ce sens au lieu d’assurer une majorité parlementaire en jetant le sport dans la pâture de la politique. On ne le répétera jamais assez, notre sport a besoin d’un dirigeant de métier qui a la pratique dans ses jambes et l’expérience du terrain. Autrement c’est un sportif avéré qui doit gérer notre sport comme ce fut le cas avec Beckenbauer en Allemagne, Pelé au Brésil, Platini en France etc. C’est évident. On ne peut placer un journaliste à la tête de la direction financière d’un office, comme on ne peut pas charger un ingénieur agronome de diriger notre sport. Chacun est maître dans sa maison dont il connaît les coins et les recoins avec les moindres détails. Mais dés qu’il atterrit dans une autre demeure, il ne peut que tâtonner pour se retrouver sinon il se perd dans les conjonctures et les conjectures. Cet attentisme que connaît notre sport est pour le moins que l’on puisse dire négatif et désagréable. D’autant plus que chaque jour que Dieu fait est alimenté par des rumeurs sur celui ou celle qui va diriger un Haut Commissariat toujours en chantier. Le dernier nom d’un candidat à la candidature est celui de Mohamed Moufid, le secrétaire général de la fédération du football.
C’est un homme que l’on connaît bien, il est bien du milieu et possède un certain aura par rapport aux autres. Mais on ne sait pas pourquoi il s’est engouffré dans la politique en se présentant aux dernières élections. Il s’aligne ainsi, sans le vouloir peut-être, sur l’ambition démesurée de certains dirigeants sportifs qui veulent arriver au sommet par n’importe quel chemin. Or comme tout le monde le sait, le chemin du sport est plus sain que les subtiles tractations politiques.

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