Hors-jeu : La désillusion arabe

Cela fait plus de cinquante ans que l’on sait que la messe a été dite sur la chimérique union arabe. En politique, les dirigeants arabes excellent dans la rhétorique nationaliste de cette structure inodore et incolore qu’est la Ligue arabe où on entretient beaucoup plus la polémique et les insultes que la recherche du consensus. Au fil du temps et malgrè les déboires de la nation arabe, rien n’a changé dans une mentalité rigide , bien au contraire, elle devient de plus en plus rétrograde et révisionniste. Quand des dirigeants arabes échangent des propos injurieux en séance plénière devant les caméras du monde entier, il est plus rationnel d’ enterrer définitivement l’illusion unitaire et tenter de cultiver une neutralité qui n’est pas évidente. Ce faisant, si les dirigeants arabes ne s’entendent pas sur des sujets cruciaux comme la libération de la Palestine spoliée, de l’Irak occupé ou le Koweït envahi, il n’est pas surprenant qu’ils soient en désaccord sur tous les autres domaines. Quand on sait que la démocratie fait défaut à la nation arabe, il est évident qu’aucune décision économique, sportive ou sociale interarabe ne soit réalisée et développée dans cette ambiance électrique. Bien au contraire, les rivalités et les susceptibilités personnelles des dirigeants arabes se dressent souvent en obstacles pour contrecarrer toute action de coopération entre les peuples de la nation arabe. La discorde se transpose dans des domaines où le fair-play est monnaie courante entre les nations les plus diversifiées ethniquement, confessionnellement et linguistiquement. Comme le sport, par exemple, qui véhicule à travers les olympiades et les autres compétitions internationales l’esprit de solidarité, de fraternité, de tolérance et de concessions. Eh bien même dans ce domaine les arabes cultivent à jet continu les coups francs de la divergence et de la mésentente jusqu’à boycotter des manifestations organisées dans un pays arabe. La mentalité de marcher toujours en ordre dispersé est si ancrée que même le football qui est une passion mondiale n’arrive pas éradiquer leur égocentrisme et leur narcissisme légendaires. L’organisation du Mondial 2010 qui est prévue dans un pays africain a attisé la flamme de quatre pays arabes pour qu’ils dispersent leur énergie en se présentant dispersés face à des ogres africains comme. L’Afrique du Sud, l’Egypte, la tunisie, le Maroc voire la libye ont présenté leur candidature individuelle tout en sachant qu’ils risquent gros en optant pour cette démarche solitaire. Encore faut-il rappeler, sans chauvinisme aucun, que le Maroc brigue cette organisation du Mondial depuis plus d’une dizaine d’années en se portant candidat pour la quatrième fois consécutive. Il est vrai qu’il est légitime que chacun de ces pays coure après l’honneur d’abriter le plus grand forum mondial du football avec tous les bénéfices qui en découlent. Mais on ne sait comment les responsables sportif et politique de ce pays peuvent entretenir un tel espoir fou quand on sait que le Maroc a échoué à quatre reprises face à la logique, légitime par ailleurs, du profit financier. A notre connaissance, ni l’Egypte, ni la Tunisie, ni encore moins la Libye ne sont plus nantis que le Maroc en matière d’infrastructures, de moyens de télécommunications,voire d’une position géographique stratégique. A moins que l’éternelle division arabe ait pris le dessus sur tout critère objectif pour anticiper l’échec et savourer sans douleur les déboires du frère arabe.

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