Hors-jeu : La jeunesse sans sport

Le nouveau gouvernement, version Driss Jettou, est très familiale et très familière. Il comporte, comme tous ces précédents, les enfants, les petits enfants, les neveux, les parents et les grands-parents. Ce cocktail gouvernemental de compromis est composé d’une pléiade de ministres, de ministres délégués, de secrétaires d’Etat, voire d’un ministre d’Etat. Comme le bon vieux temps ! Tout le monde y cohabite, de la petite enfance à la grande vieillesse dans un grand esprit sportif qui allie la droite, la gauche et le centre. Sauf que le sport n’existe pas dans le volumineux lexique des appellations de départements.
Le ministère de la jeunesse et des sports disparaît en partie puisque la jeunesse a été déléguée à l’éducation nationale. Et le sport ? Il paraît qu’il va être supervisé par un organe indépendant du gouvernement : Haut commissariat au sport. Ce qui n’est aucunement une mauvaise idée, comme celle d’ailleurs de dissoudre un ministère qui a beaucoup nui au sport qu’il ne l’a servi. Un ministère pléthorique en fonctionnaires inutiles, voire nuisibles, doté d’un budget dérisoire que l’on dilapide dans le provisoire. C’est un département de famille aussi qui est souvent dirigé par un ministre qui ne comprend rien au sport.
Les vraies compétences sont marginalisées, les membres de famille sont bombardés à la tête des directions. Pis encore, le ministère est devenu un véritable nid d’incompétents qui sont détachés de l’agriculture, de la poste ou des travaux publics. C’est pour cela que l’on a construit autant de stades et que notre pays a échoué par trois fois à organiser la coupe du monde avec des maquettes.
Depuis l’indépendance on a toujours mis des politiques ou des hommes de profession libérale à la tête de ce département. On n’a jamais pensé à confier ce ministère à un homme ou une femme du métier spécialisés dans la gestion du sport. Seule Nawal Al Moutawakkil a fait un court passage à la tête de ce département, en tant que secrétaire d’Etat, avant que le gouvernement ne soit remanié. La disparition de ce ministère signifie tout simplement le mea culpa de l’Etat dans la gestion d’un sport en déperdition. Si la création d’un haut commissariat au sport se confirme, personne ne trouverait rien à redire. Sauf qu’il faut chercher ses dirigeants dans la sphère des sportifs qui ont prouvé leurs compétences dans la gestion sportive. Et ils sont légion ceux qui ont été marginalisés pour avoir été plus compétents que leurs chefs. Il faut aussi retenir les leçons et les enseignements de l’expérience du haut commissariat au sport qui a été créé au début des années soixante. Il ne faut surtout pas reprendre la même mentalité et reconduire les mêmes personnes pour buter encore contre l’échec. Une jeunesse sans un sport dirigé d’une façon rationnelle, est la source de tous les maux de notre société.

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