Hors-jeu : L’Afrique de Kadhafi

Ce qui s’est passé à Tripoli dimanche et lundi, derniers ne peut se produire nulle part ailleurs. D’ailleurs, il se passe toujours des choses surprenantes en Libye dont seul le guide Kadhafi en connaît les secrets. C’est justement son fils Saadi Kadhafi, président de la fédération libyenne de football, qui est à l’origine d’une étrange réunion de 23 pays africains pour soutenir le Suisse, Joseph Blatter.
Ce dernier étant candidat à sa propre succession à la tête de la FIFA. Non ce n’est pas incroyable, c’est vrai. La Libye qui se définit comme le chantre de l’africanisme cultive son millionième paradoxe en soutenant un Européen au détriment d’un Africain. Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Issa Hayatou, qui est le seul concurrent de Blatter, n’aurait jamais imaginé un tel affront.
Les représentants des 23 pays sont parvenus à un consensus pour donner main-forte à Blatter contre Hayatou. Il faudrait chercher dans le lexique vert des « Kadhafiates » pour essayer de comprendre les raisons qui ont poussé ce pays à mener campagne contre un Africain. Convenez avec nous que cette attitude ne rime aucunement avec l’extrême ferveur africaine du dirigeant libyen qui a claqué la maison arabe pour se tourner vers le continent noir. La création, en pompes, de l’Union Africaine à la place de la tristement célèbre OUA, n’est –elle pas l’oeuvre de la Libye ? À moins que l’on se trompe d’histoire et de géographie, le Camerounais Issa Hayatou est un pur produit africain qui dirige la CAF, une institution tout aussi purement africaine. C’est un homme qui a beaucoup donné au football africain depuis son élection en 1988.
Le football du continent noir a pris des galons en étant représenté par cinq équipes à la Coupe du monde et la CAN est sortie de sa coquille continentale pour prendre une envergure internationale. Les séminaristes de Tripoli ont oublié tout le travail accompli par leur frère africain. Ils lui ont opposé Joseph Blatter dont ils estiment qu’il a un programme et qu’il a beaucoup donné aux pays africains.
L’adage qui dit : Dieu préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge, n’a jamais été aussi exact que dans l’Afrique du football, de la politique et de l’économie. Et dire que Blatter est combattu avec une virulence sans précédent par, Lennart Johansson, le président de l’Union Européenne de Football (UEFA). Un monde à l’envers inventé par l’Afrique des revers.

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