Hors-jeu : L’as des Aces

Younès El Aynaoui a rêvé, il y a quelques années, en tant que spectateur, du grand prix Hassan II. Il s’est réveillé dimanche dernier sur le court central du complexe Al Amal avec le trophée à la main sous les ovations nourries de plusieurs milliers de spectateurs.
Par la force du travail, du courage et de sacrifices, ce gentil garçon de bonne famille a transformé le rêve en réalité. C’est le premier enseignement que les jeunes tennismen marocains doivent tirer de cette belle consécration d’un champion hors-pair. Il n’existe pas de potion magique pour réussir une carrière professionnelle comme celle de Younès. Pour arriver à ce niveau, il a beaucoup souffert au début quand il n’avait ni sponsor, ni subvention.
C’est grâce à sa ténacité et au soutien de sa famille qu’il a pu dépasser ces obstacles pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Il est même allé au-delà de ses rêves quand il est devenu le premier joueur arabe, africain et musulman à s’emparer du poste du numéro un mondial du tennis. Mais à côté des performances sportives, l’éducation a joué un grand rôle dans l’épanouissement du mousquetaire marocain. Malgré ses exploits, Younès est resté humble, accessible, sociable et toujours disposé à aider ses semblables.
Lors de cette fameuse finale, tout le monde a constaté qu’il portait encore, comme toujours, le pin’s de la solidarité nationale. Il est resté égal à lui-même dans le sens le plus propre du terme en demeurant Younès El Aynaoui, le Marocain. Solidaire avec ses concitoyens les plus démunis et participant à la marche de soutien au peuple palestinien. Son coeur battait au rythme du nationalisme arabe le dimanche 7 avril à Rabat et à celui du patriotisme marocain le dimanche d’après, à Casablanca. Dans les deux villes, Il ne fut jamais seul puisque d’un côté plus d’un million de marocains marchaient avec lui. Et de l’autre des milliers de spectateurs ne vibraient que pour lui et le poussait, à la victoire, avec toute l’intensité de leurs cordes vocales dans l’enceinte du complexe El Amal.
La pluie bienfaitrice était au rendez-vous pour permettre à Younès de graver un nom marocain sur ce trophée après celui de Hicham Arazi en 1997. L’autre pluie bienfaitrice est venue des Aces réussis par Younès tout au long du tournoi et qui sont au nombre de trente et un. Ne vous-affolez pas, voilà la transition : pour chaque ace, Younès a promis de verser 1000 dirhams pour l’association des entraîneurs marocains de tennis. Faites la multiplication !

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