Hors-jeu : Le scoop de la corruption

Dans les années quatre-vingt, le Chabab et le Maghreb de Tetouan jouaient en deuxième division et rivalisaient pour la montée. Un match capital les a opposés au stade Bachir à Mohammedia où l’équipe locale l’a emporté haut la main par 3 à 0. Quand le troisième but a été marqué par les locaux, le président du MAT a subitement piqué une colère indicible et s’en était pris à l’arbitre. Personne ne savait pourquoi le dirigeant tétouanais contestait tout seul l’arbitrage car les trois buts ne souffraient d’aucun doute.
Les journalistes présents qui voulaient en savoir plus ont approché ce président qui était dans un état hystérique. Sinon il n’aurait jamais révélé ce qu’il a dit sur l’arbitre en le traitant de corrompu, avec preuve à l’appui, puisqu’il l’a lui-même soudoyé avec une somme de 3000 dirhams. C’était un aveu en direct et spontané sous l’effet de la colère mais ô combien révélateur sur la corruption généralisée de notre football. Le président du MAT s’est fait piéger pour affirmer que la corruption est bonne quand elle sert les intérêts du corrupteur et déloyale quand elle profite à ses adversaires.
Depuis les années soixante, quand des équipes avaient battu le record de la corruption en marquant une vingtaine de buts en un seul match, l’argent sale a toujours fonctionné pour la montée ou le sauvetage d’une équipe. Tout le monde est au courant de ces agissements aussi bien la fédération, les dirigeants des clubs, les joueurs que les entraîneurs.
D’ailleurs la saison dernière, un entraîneur bien connu a réclamé une prime de montée au président du club. Ce dernier ne s’est nullement gêné en lui répondant que si l’équipe est arrivée à ce stade, c’est parce qu’il a investi énormément d’argent pour « acheter » les matchs capitaux. Autrement, et le président ne s’est privé de le dire, l’apport de l’entraîneur n’était qu’une façade pour voiler ces transactions. C’est pour cela que l’on trouve curieux que le président du WAF fasse tout un tollé médiatique pour une simple tentative de corruption.
Comme cette dernière n’a pas été consommée, on ne sait pas comment la police, qui a été saisie de cette affaire, pourrait en déceler les preuves. C’est le genre de baroud d’honneur que certains lancent quand l’amertume pousse à justifier un échec annoncé. Car, et c’est un secret de polichinelle, tout le monde sait qu’il n’existe pas une seule équipe qui ait accédé en GNFI sans qu’elle n’ait versé la rançon de la montée. Ce n’est nullement un scoop.

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