Hors-jeu : L’effritement de la relève

L’équipe nationale junior a réussi une belle prouesse en ramenant une victoire précieuse du Nigeria. Ce n’est pas tous les jours que des équipes s’imposent dans ce temple de football africain, d’autant que ce match a été joué à deux reprises à cause de la pluie.
Le match avait débuté le samedi et alors que l’équipe nationale menait par un but à zéro, l’arbitre a arrêté la rencontre pour cause d’intempérie. Le match fut rejoué le dimanche et l’équipe nationale junior a dû recommencer à zéro pour gagner le match par 2 à 1. Il fallait le faire avec un but annulé et les juniors marocains l’ont fait avec l’art de la manière. Les lionceaux de l’Atlas menés par l’ancien lion de l’Atlas, Fethi Jamal, ont démontré ainsi que le football national ne perd jamais ses repères. Que ce soit au niveau technique individuel, dans le jeu collectif ou dans l’endurance physique et psychique.
Les jeunes joueurs marocains n’ont rien à envier aux équipes les plus huppées du continent africain. Il suffit seulement qu’on mette à leurs dispositions les moyens nécessaires pour aborder ces compétitions dans des conditions propices. Ceci est vrai aussi bien pour les joueurs que pour le technicien marocain qui, encore une fois, a démontré ses compétences, pourvu qu’on daigne les lui reconnaître. Or, généralement les équipes nationales de jeunes sont souvent mis aux oubliettes jusqu’au jour où l’on a besoin d’eux pour une compétition internationale. De tout temps, les dirigeants fédéraux ont axé toute leur attention sur l’équipe nationale première en oubliant le développement durable des équipes de jeunes.
Ce qui gêne aux entournures, c’est que même si ces équipes arrivent à réaliser des exploits, elles finissent toujours dans l’anonymat. Le refrain est toujours le même, on jubile, on les récompense… pas toujours à leur juste valeur, et les médias les mettent sur le piédestal.
Quand la scène est vidée des micros, des caméras et des journalistes, les joueurs sont livrés à eux –mêmes jusqu’à nouvel ordre. L’ascension pyramidale des joueurs qu’on retrouve dans le football européen et sud américain est quasiment absente chez nous. On n’a jamais, par exemple, retrouvé l’ossature de l’équipe nationale minime dans celle des cadets, ni de ces derniers dans la sélection junior et encore moins dans l’équipe nationale A. Ce qui fait que la durée de vie des équipes nationales des jeunes, toutes catégories confondues, est aussi courte que la période exigée pour la préparation d’une compétition. Ce constat est aussi vrai pour les entraîneurs nationaux qui les accompagnent puisqu’ils sont souvent mis hors-jeu. La relève s’effrite de facto.

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