Hors-jeu : Les écuries d’Augias

Ce qui s’est passé dimanche dernier sur le circuit automobile d’Autriche a suscité un tollé d’indignation dans le milieu de la formuleI. L’esprit de la compétition a été vaincu par des considérations mercantiles quand le pilote brésilien Barrichello a cédé sa première place à son coéquipier Schumacher.
Les responsables de l’écurie Ferrari avaient donné des consignes au pilote brésilien pour qu’il s’efface devant son partenaire allemand. Les responsables de Ferrari qui voulaient, par cette décision, consolider la position de leader du championnat du monde, Schumacher, ont déclenché l’effet inverse. Même le champion du monde en titre n’a pas digéré ce manquement à l’esprit de compétition.
Les enjeux du sport sont devenus tellement importants dans l’économie et la politique mondiale que les décideurs ont commencé à donner peu de cas aux valeurs qu’il véhicule. À tel point que le doute commence à planer sur les résultats de compétitions, toutes disciplines confondues. L’argent a fini par travestir le sport qui a échappé aux sportifs pour devenir la proie facile des financiers et autres barons de tous acabits. On croyait que seule la boxe était sous la mainmise des milieux peu famés, mais il est évident qu’aujourd’hui tous les sports ont été investis par la corruption et les malversations. Même le patinage artistique qui inspirait la grâce et la douceur a été durement secoué par la suspension d’une juge française coupable d’avoir trempé dans une partialité préméditée. Même les Etats les plus puissants de la planète ne se gênent pas à soudoyer les instances sportives internationales pour avoir leurs faveurs. On a vu ce qui s’est passé à la FIFA lors de la désignation du pays organisateur de la coupe du monde 2006.
On se rappelle du scandale de corruption qui a permis au Etat-Unis d’abriter les jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City. Certains membres du comité olympique international (CIO) n’ont pas hésité un instant à monnayer leur vote en Dollars et furent dénoncés puis suspendus par la suite. Toutes les valeurs des jeux olympiques, centenaires et légendaires, ont été ainsi souillées par l’argent sale. On ne sait pas ce que la sélection d’Allemagne a gagné du nul qu’elle a accordé à l’Autriche au Mondial 82 pour éliminer traîtreusement l’Algérie. Comme on ne sait pas pourquoi le président de la FIFA, Joseph Blatter, a donné 25000 dollars à un arbitre nigérian. L’argent coule à flots, le sport meurt à petit feu. Il est urgent de nettoyer les écuries d’Augias en sport.

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