Hors-jeu : Merci Fakhreddine

Hors-jeu : Merci Fakhreddine

Il quitte le CODM avec le sentiment du devoir accompli. Avec les Meknassis, il a terminé en quatrième position cette saison, après être resté longtemps en course pour le titre. Il avait, de même, occupé la seconde marche du podium l’année dernière avec le Wydad de Casablanca. En silence et sans faire de vagues, Fakhreddine est en train de se forger une belle réputation d’entraîneur. Malgré son penchant pour la plaisanterie, l’homme est très rigoureux quand il s’agit de son travail. Et il ne badine pas avec la discipline. A l’entraînement, il se montre impitoyable pour ses poulains, qu’il pousse au bout de leurs limites. Sur le banc de touche, on sent parfois qu’il aurait aimé être dans l’aire de jeu pour apporter ce petit plus qui l’avait rendu célèbre, notamment ses fabuleux débordements sur l’aile droite, qui déroutaient les plus vigilants des défenseurs. «Lafriekh», qui a été un grand joueur, connaît la mentalité du footballeur et sait à quel moment il s’agit de faire patte de velours. Les larmes aux yeux, il a quitté une équipe du CODM où il ne laisse que de bons souvenirs et des gens qui respectent autant l’homme que le technicien. Pour l’heure, on ne sait pas encore s’il s’agit d’une décision irrévocable. En tout cas, les Meknassis auraient tout à gagner s’ils arrivaient à faire revenir Fakhreddine sur sa décision. Mais là n’est pas notre propos. Ce qu’il s’agit aujourd’hui, c’est de rendre hommage à un entraîneur national qui fait honnêtement son boulot et qui obtient des résultats. Pas toujours dans de bonnes conditions. Et à travers lui, ce sont tous les techniciens et cadres marocains qui, souvent à compétence égale, sont bien moins considérés –et rémunérés – que leurs collègues étrangers. L’exemple de Baddou Zaki est encore tout frais. Malgré tous les résultats positifs qu’il a obtenus à la tête de la sélection nationale, d’aucuns auraient voulu avoir sa peau. Et pas toujours pour des considérations d’ordre sportif. Suivez mon regard vers les portefeuilles… Il ne s’agit pas là de tomber dans un niveau primaire de préférence nationale, qu’on vouerait aux gémonies. Non. Il faut faire la part des choses en ne tombant ni dans un excès, ni dans l’autre. Et c’est cet exercice d’équilibre qui est le plus difficile à réaliser, tant les motivations des uns et des autres demeurent souvent obscures. La matière première et les résultats sont là. Il faut donc faire fructifier et développer l’existant pour parvenir à une école marocaine d’entraîneurs et de directeurs techniques dignes de ce nom. Ce n’est pas tâche impossible, du moment que l’on accordera toute la bienveillance –dans le sens d’absence de bâtons dans les roues – et la vision d’avenir à ce pauvre football national qui a connu une bien piètre saison. Remettre les compteurs à zéro et se remettre en question. Eviter les erreurs et produire des idées de nature à aider le ballon rond à sortir de sa léthargie et de sa misère. C’est dans ce sens que doivent pencher les efforts –en synergie, si possible -. C’est en voyant les conditions dans lesquelles végètent nos clubs que l’on est obligé de dire «chapeau bas» à des Messieurs comme Fakhreddine et M’hammed Fakhir.

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