Hors-jeu : Mise à niveau

La crise que connaît notre football n’est pas une première et ne sera certainement pas la dernière. Tout au long des dernières décennies, notre équipe nationale est passée souvent par des moments difficiles. Elle fut éliminée à maintes reprises en coupe d’Afrique et en coupe du monde. Et, après chaque déroute, les dirigeants fédéraux opèrent des changements radicaux sous la pression de l’opinion publique et de la presse.
Ces changements effectués sous l’effet de la colère et d’une passion incontrôlée n’ont jamais été assez mûris et planifiés.
On se contente de limoger l’entraîneur, de dissoudre la fédération et de constituer un comité provisoire. En vain. La thérapie de choc ne guérit pas le mal, elle atténue la crise en attendant que le traitement à longue durée fasse son effet. Les grandes sections du monde sont passées par cette phase critique et ont pu la dépasser grâce à un travail de longue haleine. À côté de nous l’exemple du Sénégal est assez édifiant quand on sait que le football de ce pays a connu une longue traversée du désert. Ses responsables ont fermé toutes les portes et cadenassé toutes les fenêtres pour effectuer une mise à niveau radicale. Qu’importe le temps que cette opération a nécessité, l’essentiel est que le Sénégal a aujourd’hui une grande équipe. Aussi, la meilleure façon de servir notre football dans cette phase délicate est de dépassionner le débat et de réfléchir avant de prendre des décisions hâtives. Fixer les objectifs c’est reconstituer une équipe nationale à partir de l’équipe olympique et des autres catégories de jeunes.
L’instauration du professionnalisme étant en principe acquise pour 2003, il faut imaginer cette mise à niveau dans la perspective des prochaines échéances. Et la première qui s’annonce est celle de la coupe d’Afrique des Nations de 2004 suivie de la coupe du monde 2006.
C’est à partir de maintenant qu’il faut commencer à préparer la nouvelle équipe nationale pour ces compétitions. L’objectif final étant que notre football soit plus compétitif pour que ses résultats puissent appuyer le dossier de candidature de notre pays à la coupe du monde 2010. Ce rêve ne peut être concrétisé que par une vision plus réaliste de notre football. Cet édifice ne peut être construit nécessairement sur des têtes qui tombent mais sur des nouvelles têtes qui poussent.

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