Hors-jeu : Pérouse se paie une «star»

La nouvelle a été largement médiatisée. L’un des transferts les plus étonnants de l’histoire du football. Pérouse, une équipe de première division italienne vient de s’octroyer, le temps d’une saison, les services d’un joueur hors pair. Il vient du célèbre club africain de Libye, Al Ittihad. Il a trente ans. Il joue en milieu de terrain, ou parfois en attaque, aussi bien avec son club qu’avec l’équipe nationale de son pays, dont il est par surcroît le capitaine. Il est également président de la Fédération de football de son pays. Il s’est payé des leçons particulières avec les meilleurs professeurs. Maradona en personne, Carlos Bilardo, l’ancien entraîneur argentin, ou encore Ben Johnson pour la condition physique.
Il est déjà lié au Calcio dans lequel il possède des intérêts. Il est en effet actionnaire du club champion d’Italie en 2003, la Juventus Turin avec 7,5 % et de la Triestina avec 33 %, un club de 2e division. Il envisage d’investir encore dans le football européen. Il a même fait savoir lors d’un passage à Paris le 11 juin qu’il avait quelques contacts avec des clubs français, mais qu’il était encore trop tôt pour en parler. Il présente sa candidature à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF), non pas par plaisir mais par amour et fidélité pour le continent afin d’y promouvoir un football moderne et puissant sous le slogan de la mondialisation du football africain. Plus d‘une vingtaine de fédérations africaines lui ont sollicité de briguer ce poste. Il souhaite également que la Libye accueille la Coupe du monde en 2010, dont on sait déjà qu’elle aura lieu en Afrique. Il a aussi déclaré qu’avec tout le respect qu’il devait aux autres pays candidats, il n’y a que l’Afrique du sud qu’il considère comme un sérieux concurrent.  Lançant une étude de faisabilité avec une société allemande, la nouvelle recrue de Pérouse a expliqué qu’un tel projet coûterait entre 4 et 6 milliards de dollars, que la Libye est prête à investir. Les mauvaises langues en ont vite conclu que c’est sur ce point que les pauvres Maroc, Egypte et Tunisie ne faisaient pas le poids.  Il s’agit de Saâdi Kadhafi. Passionné de football, le fils du dirigeant libyen a décidé de consacrer son énergie et un gros lot de son inépuisable fortune au ballon rond. Inutile de rappeler le dicton marocain qui préconise que «les fèves sèches ne poussent qu’au pays des édentés». Le président de Pérouse, Luciano Gaucci avait révélé avoir reçu le feu vert de la part du colonel Kadhafi, père du joueur et dirigeant libyen, pour la signature définitive de Saadi Kadhafi dans son équipe. Un feu vert qui fera l’effet de la découverte d’une poule aux œufs d’or. Pérouse ne manquera désormais de rien. Dans une ambiance Calcio, Saâdi sera extrêmement généreux. Il faut signaler que ce joueur hors pair n’a pas sauté sur la proposition du club italien. Il a longuement réfléchi avant de daigner accepter, plus par modestie que par besoin, d’enfiler le maillot d’une équipe européenne. Le président du Real Madrid Florentino Perez vient de rater l’affaire de sa vie en choisissant Beckham. Inutile de rappeler que «des édentés héritent souvent de fèves sèches», comme le relève l’adage marocain.

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