Hors-jeu : Que fait le ministre ?

Le ministre de la jeunesse et des sports, Ahmed Moussaoui, ne ressemble à aucun de ses prédécesseurs. Il est très effacé pour qu’il soit comparé à l’omniprésence de feu Abdellatif Semlali ou à la vivacité de Moulay Driss M’daghri Alaoui, pour ne citer que ces deux-là. Ahmed Moussaoui est un cas isolé dans le vrai sens du terme. Et quand on dit « isolé », il n’existe pas pire chose qu’un ministre soit congédié par son parti et continue à exercer sa fonction. Tout cela pour vous dire qu’il est difficile dans ce cas qu’un ministre de la jeunesse et des sports puisse gérer notre sport dans les meilleures conditions.
À moins qu’il ne se contente d’expédier les affaires courantes en attendant la délivrance des élections législatives. Mais l’effacement de Moussaoui remonte bien loin à ses démêlés avec son parti car depuis sa prise de fonction, il n’a jamais su trouver le ton qu’il faut pour être présent sur la scène. L’homme s’est toujours contenté de suivre les ailes les plus fortes des fédérations pour signer la décision qui lui était soumise. Pendant tout ce mandat, les conflits au sein des fédérations et des ligues se sont multipliés et les exactions les plus extravagantes ont été commises. Mais au lieu d’intervenir énergiquement et d’user de ses prérogatives, on a l’impression que le ministre cherchait toujours à éviter la confrontation. Il n’a jamais par exemple, su ou pu contraindre des fédérations à tenir leurs assemblées générales comme la FRMF, le GNF, voire le comité olympique national. Même dans les moments les plus forts de la crise comme ceux qu’a connus notre football cette année, le ministre a préféré se terrer dans un silence complice.
L’élimination de l’équipe nationale de la coupe du monde et sa piètre prestation en coupe d’Afrique, avec tous les scandales qui ont émaillé ces deux manifestations, ne l’ont pas poussé à réagir. L’homme est très passif, trop gentil et peu enclin à prendre des décisions courageuses qui l’auraient fait sortir de son anonymat. Quand il a installé le comité provisoire de la fédération d’athlétisme, il n’a jamais su rétablir la légalité malgré le dépassement du délai légal.
Ce comité provisoire dirigé par Aouzal est depuis des mois dans l’illégalité, mais le ministre n’a pas levé un pouce pour le remettre à l’ordre. Depuis, l’athlétisme national est traîné dans la boue par des scandales de tous bords jusqu’à susciter une guerre des clans entre les athlètes nationaux. La calomnie est telle que tout le monde commence à parler du centre d’Ifrane comme étant un fief du dopage. L’altitude de l’aberration a atteint son summum et, curieusement, l’avion du ministre Moussaoui n’a jamais perdu d’altitude, même quand il a été lâché par son parti, le MNP.

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