J’aime, je partage: Daech, la CAN et Ebola

J’aime, je partage: Daech,  la CAN  et Ebola

Pourtant pour mon ami chauffeur de taxi, les connexions sont multiples et ont des ramifications insoupçonnées de nous autres néophytes. Pour cet expert en affaires géopolitiques et stratégiquement économiques, «Daech, qui est une fabrication de l’Occident, a pesé lourd dans les grandes décisions gouvernementales en Afrique surtout au nord et dans le Sahel. Soit dit en passant, le Maroc a eu un geste fort en envoyant balader la CAF et sa coupe.

Prendre des risques inutiles est une mauvaise idée même si les Marocains ont voulu voir leur équipe nationale jouer contre les Algériens ne serait-ce que pour avoir du grand spectacle. Ensuite, si tu y vois de plus près, au-delà de ce que les chaînes d’information nous martèlent à longueur de journée, Ebola n’était pas l’unique motivation pour le refus de cette CAN, ceci une grande majorité des Marocains l’a bien compris».

«Mais cher ami taximan, tu ne penses pas que tu risques là des amalgames un peu exagérés vu qu’Ebola est une menace toujours sérieuse et que Daech se bat de l’autre côté de l’Arabie entre l’Irak et la Syrie ?». Là, le taxi driver, toujours inspiré et dans le secret des grandes manigances politiques, esquisse un sourire narquois et plein de malice. Suffisant aussi. «Vous avez tous tendance à rester en surface.

Vous êtes obnubilés par les façades de tous genres. Alors que le propre de la géopolitique est le caché, le dissimulé, ce qui se refuse à être saisi au premier abord. Alors un peu de jugeote, cher ami. Réfléchis avec moi : on a armé les rebelles en Syrie et en Irak. Puis on a crié partout que Bachar Al Assad était un tueur, puis, plus rien.

Aujourd’hui, les rebelles d’hier sont ceux qui ont reçu des armes de la part de plusieurs puissances européennes, mais on leur a changé de nom. Ce sont des terroristes. Je ne dis pas que ce sont des gens bien. Loin de là. Ce sont des tueurs, des mercenaires, qui sous-traitent pour les grandes puissances.

Comme au temps de la première guerre d’Afghanistan contre l’URSS. Alors, il faut voir dans tout ce spectacle un scénario bien écrit dont on tourne des épisodes, puis un jour on passera à autre chose. Ben Laden a tenu pendant plus de deux décennies. Il n’y avait que lui sur tous les écrans et les journaux. Aujourd’hui, une page est tournée, place à d’autres noms pour tenir la planète en haleine. Mais les véritables enjeux sont ailleurs».

J’avoue pour ma part, que de telles idées ont circulé un peu partout. De grands analystes ont développé d’autres thèses concomitantes, mais de là à mêler Ebola à tout ceci ? Et puis la CAN ? «Mon ami, réfléchis encore juste un peu. La Chine est un monstre qui arrive en force en Afrique. La chasse gardée de pays comme la France se réduit comme peau de chagrin. D’où l’épisode malien, si tu vois ce que je veux dire.

Et les USA ont compris que l’avenir de la planète se jouera en Afrique. Sur ce chapitre la politique marocaine est tout simplement avant-gardiste. Car nous avons vite saisi la balle au vol. Alors Ebola peut servir de porte d’entrée pour de grandes firmes. Maladies, guerres, troubles et crises ont toujours favorisé l’implantation de multinationales.

Alors la CAN vient jouer ici son rôle de marché à ciel ouvert. Le Maroc a décidé de placer sa stratégie ailleurs avec une belle offensive économique et politique. Ce qu’on appelle nager à contre-courant. Et c’est tant mieux».

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