Label marocanité : Ali ben Tartuffe

Label marocanité : Ali ben Tartuffe

Ma mère avait pour habitude de dire qu’on «ne demande pas à une folle de faire des youyous». Cet adage, populaire et sage, m’est venu à l’esprit à la faveur de la condamnation de Lmrabet.
Ils sont cons nos juges, ou quoi ? Savent-ils seulement qu’en guise de châtiment, ils viennent d’infliger à Ali une récompense inattendue. Ils lui ont délivré, volontairement ou pas, l’attestation du supplicié, le titre du traqué et un doctorat honoris causa en martyrologie.
C’est qu’il est malicieux, le Tartuffe. Il a fait commerce de son statut de provocateur et de sa victimisation un label. Il a poussé le caprice jusqu’au vice. Et de ses condamnations, il tire argument pour conforter sa thèse de persécuté. Ménard, secouriste universel et œnologue de la liberté, va encore ramener sa fraise. Et on va s’égarer dans du boursicotage oiseux et stérile.
Décidément, Ali doit sabler le champagne en susurrant dans l’oreille de ses amis : «Qu’ils me haïssent, du moment que j’existe. S’ils font tout ça, c’est que je suis important. Ils me craignent. Ils redoutent ma plume. Elle est tellement jusqu’au-boutiste, tellement nihiliste. Elle est même mercenaire. Je suis capable de la mettre au service de n’importe qui, dès lors qu’il s’agit de discréditer le Maroc. Peu importe le coût. Ça marche. Ça paye. Et c’est l’essentiel».
Pauvre de nous. Nous voilà réduits à gérer les ego surdimensionnés. Nous voilà empêtrés, une fois de plus, dans un feu de paille. Les types, ils font métier de leur exercice favori : brocarder le pays. Et alors ? Ont-ils une audience ? Tant mieux pour eux. Ils fétichisent le refus, ils idéalisent le nihilisme. Ne sont-ils pas la preuve vivante d’une société en transition ? Ils ont l’esprit de chapelle qu’ils amalgament avec la liberté d’esprit ! Dépêchons-leurs d’autres bataillons esprits tout aussi maquisards de la liberté ! Qu’ils les contredisent. Et s’ils nous parlent darija, cessons de leur répondre dans un arabe classique, compassé, guindé et suranné. Mais de grâce, arrêtons de tout judiciariser.
Osons une comparaison, audacieuse et approximative, entre les USA et le Maroc. Elle fait, bien entendu, l’impasse sur les proportions : l’Amérique est une grande démocratie à usage interne avec un visage féodal à usage externe. Le Maroc est encore au stade de la féodalité à usage interne avec un visage démocratique à usage externe. Mais le miroir inversé ne s’arrête pas là. Aux USA, le «politically correct» veut que tout ce qui porte atteinte aux principes fondateurs de la société américaine est déclaré nul et non avenu. Au Maroc, les mamelles du «politiquement correct» sont l’esprit de dissidence et le crachat sur soi. A sa manière, Ali illustre, jusqu’à l’absurde, cet esprit. Ce monsieur est un faux nez de la liberté. Il doit avoir d’obscurs comptes à régler. Ce qu’il dit est vraisemblablement moins important que ce qu’il ne dit pas : les profondes motivations de sa sourde haine. Celle-ci l’égare. Loin d’éclairer nos thèmes. Il s’est renfermé dans la production d’anathèmes. La seule punition qui vaille à son encontre, c’est qu’on n’en parle plus.

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