Label marocanité : Babel à Marrakech

La rencontre des femmes, organisée la semaine dernière par le CCME avait quelque chose de l’ordre de la prouesse. Déployée sous le double signe de «Marocaines d’ici et d’ailleurs» et du patronage royal, cette manifestation a réuni à Marrakech plus de 400 femmes dont trois centS issues de 20 pays différents. Action d’envergure, elle devait se contenter de tenir une promesse : Clore l’exercice de la première année d’existence du CCME sous le label du «Genre» pour affirmer une des fortes convictions de l’Institution. Sans tomber dans le contentement béat, tout le monde peut témoigner de la satisfaction générale et partagée des participantes. Du coup, la rencontre a soulevé des promesses insoupçonnées et un serment : devenir un rendez-vous annuel.
Peu importe ce qui s’est dit dans les ateliers. Ils donneront lieu à des publications. Je voudrais en revanche ici aborder ce que j’en retiens.
Il y a des coïncidences d’agendas que le hasard opère mieux que la volonté. La rencontre de Marrakech était enserrée, comme dans un étau, entre la Journée internationale du migrant  (le 18) et le soufflement de la première bougie d’anniversaire du CCME (le 21). Elle  vient juste dix jours après le discours du Souverain sur la levée des réserves qui portent sur l’élimination de toute discrimination sur les femmes. C’est Souhayer Belhassen, présidente de la FIDH, femme musulmane, arabe, tunisienne et surtout grande militante devant l’éternel qui, sur l’estrade de Marrakech, va rendre le plus vibrant hommage au Maroc et à son Roi pour cette initiative. Des paroles sincères qui ont illuminé la manifestation.
A vivre ces quarante-huit heures, on sort avec la conviction inébranlable que le Maroc est définitivement pluriel. Ceux qui ont un regard monolithique sur l’identité marocaine doivent nettoyer les foyers de leurs lunettes. A la diversité interne de cette identité déjà fortement riche, vient se greffer ces irrémédiables différences apportées par toutes ces Marocaines et Marocains du monde. C’est la Tour de Babel. Et les interprètes avaient fort à faire. On parlait l’anglais, le français, l’espagnol, l’allemand, l’italien, le hollandais et le fort accent canadien ou africain. Toutes ces langues disaient les idées. Tous ces idiomes tentaient de traduire la justesse de la réflexion. Le marocain et sa darija étaient réservés à l’émotion. Pure.
Enfin, il y a cette curieuse impasse faite par une certaine presse qui, bien que sollicitée, n’a absolument pas couvert l’événement. On doit tolérer un commentaire acerbe. On peut accepter une critique cruelle et même injuste. Comment admettre la négation d’une information?

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