Label marocanité : l’honneur perdu de Katrina Bush

Label marocanité : l’honneur perdu de Katrina Bush

Décidément, la Présidence de George Bush aura été marquée par deux puissants avertisseurs de la vulnérabilité de son pays. Le terrorisme et la météo, dans des dimensions hors normes, se sont ligués, en ce début de siècle, pour faire pièce du mythe de la toute puissance américaine. Et si ce sont incompréhension et compassion qui ont prédominées au lendemain du désastre new-yorkais, c’est plutôt la honte qui émerge des eaux boueuses de la Louisiane et de la Nouvelle-Orléans où pauvreté et dénuement sont littéralement mis à nu.
Omniprésente comme le 11 septembre, la télévision a fait son œuvre. Comme des clips hallucinants, les images défilent dans une noria cauchemardesque. Elles montrent le visage d’une Amérique, boursouflée d’argent, de morgue et de triomphe face au monde, mais déficiente dans le secours de ses propres concitoyens. Elles confirment que dans le pays le plus opulent de la planète, il y a une misère invisible. Il y a comme un bout et un goût de l’Afrique nécessiteuse sur les flancs du pays de Condoleezza Rice.
Comme ce fut le cas pour l’effondrement des deux tours, la vision hallucinante des cadavres flottants dans les ruelles marines des villes inondées, marquera à jamais et indélébilement l’imaginaire du monde. Elles sont promptes, ces images, à modifier les paramètres du logiciel qui gouverne, avec arrogance, le monde depuis 1945 et surtout depuis 1989, date de la chute du mur de Berlin. L’Amérique, cette Amérique qui, souvent s’est vue attribuer le rôle du secouriste universel. Cette l’Amérique qui, à l’occasion du Tsunami, fit preuve d’une pingrerie indécente, se voit, au lendemain du désastre Katarina, offrir le soutien, parmi 90 pays, du Bangladesh, du Qatar et une proposition d’aide cubaine teintée de cynisme. A ne pas en douter, comme le 11 septembre, ce désastre aura des incidences sur les futurs choix politiques de l’Administration américaine. Qui peut tolérer que les Américains refusent, comme ils l’ont fait jusqu’à présent, de ratifier l’accord de Kyoto.
L’occasion est trop belle pour tous ceux qui meurent d’envie de voir le caquet de l’Amérique baisser d’un cran. Ils prendront ces événements, comme prétexte, pour la plaindre sans dissimuler un rictus moqueur. D’autres n’hésiteront pas de voir dans l’ouragan un souffle divin et colérique censé châtier l’intervention de la puissance impie en Irak. On a la haine qu’on peut. Et les arguments qui vont avec.
Mais il y a un fait : les victimes sont plus pauvres que riches. Elles sont plus noires que blanches. Et si les Etats concernés ont des Gardes nationales démunies, c’est parce qu’elles sont dépouillées de leurs forces envoyées s’ensabler dans le bourbier irakien. Et cela, c’est l’Amérique de Bush et de Rumsfeld.
Le dérèglement de la météo et le réchauffement de la planète n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Face à cela, c’est difficile de savoir qu’est- ce qui est dorénavant le plus dur : Être un pays pauvre qui a peu de riches ou être un pays riche qui a beaucoup de pauvres !

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