Lettre de Marrakech : Un homme d’ouverture à Marrakech

Il y a quelque temps, la ville de Marrakech abritait un grand événement : le 2ème symposium de l’observatoire social international organisé en juin 2002 en association avec Suez.
Plus de 200 personnalités venues du monde entier se sont réunies pour débattre et surtout pour poursuivre les débats initiés à Rome lors du 1er symposium du même nom. Parmi elles, se trouvait Mikhaïl Gorbatchev que chacun de nous connaît en tant que maître de l’URSS, cet homme d’ouverture, que j’ai eu le plaisir et l’honneur de rencontrer, lors de ce dîner de gala organisé à la Maison de la culture de Marrakech connue anciennement par le nom du Palais El Glaoui.
Qui est donc cet homme , que je vais essayer de vous présenter, et qui nous a honoré de sa présence à Marrakech.
Mikhaïl Gorbatchev est né le 2 mars 1931 à Priwolnoje, un petit village de Stravropol. Son père Apparatchik et communiste convaincu a compris que l’école était importante pour l’éducation de Mikhaïl qui réussi vite à accéder à la faculté de droit à Moscou. En 1952, militant étudiant, M. Gorbatchev se distingue parmi la jeunesse communiste et tout de suite un certain Souslov le remarqua et le poussa dans les grands rouages du parti.
Il gravit rapidement les échelons à l’intérieur du parti régional. En 1968, une sécheresse provoqua une situation catastrophique dans sa région. Il y joue un rôle important et se fait remarquer par Andropov qui l’adopte et 1970, par son travail. M. Gorbatchev accède au Politburo du soviet suprême. Pendant les années 70-80 et grâce à un travail acharné, notre grand homme accède au Politburo, et ce en 1980.
Second d’Andropov, influent et tête économique pensante de son pays, Mikhael Gorbatchev continue sa marche triomphante. Après la mort d’Andropov en 1984, Gorbatchev devient le S. Général du PC russe, poste qu’il garda sous Tchernenko mort rapidement en 1985. Après le retrait d’André Gromiko en 1988, Mikhael Gorbatchev n’avait plus de concurrent pour devenir le maître de l’Union Soviétique.
A ce moment précis, l’URSS, puissance militaire et détentrice d’énormes richesses naturelles, connait de grandes difficultés économiques. Voilà la tâche à laquelle Gorbatchev va se consacrer, en essayant de réformer la société soviétique. Entre 1985 et 1990, il lance un ambitieux programme de réstructuraion économique et surtout il veut instaurer une transparence politico-culturelle. Grâce à ce programme, rencontrant bien entendu quelques réticences au sein du Politburo, Gorbatchev devient très populaire internationallement. Son nouveau programme visait la paix dans le monde ce qui lui a valu en octobre 1990, le prix Nobel de la paix.
Son programme visait à sortir son pays d’une situation économique embarrassante, le seul à sauver son pays de l’inflation et le chaos en maintenant l’Union Soviétique comme puissance.
Son plan politico-économique semble associé aux termes «Perestroïka» qui signifie la reconstruction et «Glasnot» qui correspond à la transparence et à rendre publiques les affaires de l’Etat. Evidemment, cela bouleverse complètement la donne du système du P. communiste jusqu’alors, car en plus Gorbatchev tentait une certaine démocratisation dans les différentes républiques du pays ce qui amena le coup d’Etat échoué des conservateurs le 19/8/91.
L’action de Gorbatchev peut se résumer, comme l’ont analysé Vincent Cliché, Thomas Trudel et Martin Nadeau en quatre axes (4) difficiles à réaliser :
– L’amélioration de conditions de vie des Russes.
– Le redressement de l’Etat soviétique.
– La collaboration étroite avec les pays européens.
– La sauvegarde de la paix dans le monde.
Il prôna aussi la «détente» avec l’Ouest, ce qui va mettre fin à la guerre froide et amener la paix dans le monde.
Une première démonstration de cet état de fait s’est concrétisée par la signature de différents traités avec les pays de l’Ouest sur le retrait des Euromissiles, la réduction des forces militaires en Europe et l’arrêt de la politique d’hégémonie instaurée par le P.C russe. En 1991, il prônait la souveraineté des Etats indépendants, théorie qui rompait avec la doctrine Brejnev qui «justifiait l’intervention armée des pays du Pacte de Varsovie dans d’autres pays socialistes, lorsque les intérêts du communisme leur semblaient compromis». Tout cela ne donne pas de popularité à Gorbatchev en URSS, avec aussi les problèmes économiques qui s’ajoutent, celui-ci prend la décision de démissionner le 25 décembre 1991 de ses fonctions de président de l’Union Soviétique. Il nous restera donc de M.Gorbatchev, l’homme qui a instauré un climat de détente, de la collaboration entre deux blocs Est-Ouest, de l’homme qui a frayé la voie de la liberté pour les peuples de l’Est. Son action a déclenché une véritable révolution en URSS.
Aujourd’hui, il continue dans la même voie et ce par les conférences qu’il donne aux quatre coins du monde, en participant aux congrès et symposiums de la société civile internationale. A ce titre, il est venu à Marrakech à ce 2ème symposium de l’observatoire social international où il y avait beaucoup de personnalités politiques, culturelles, économiques, médiatiques pour discuter sur les «exigences sociales de la mondialisation afin de lutter contre la marginalisation sur toutes ses formes et surtout pour développer aussi une expertise internationale en particulier sur la mise en oeuvre d’indicateurs sociaux de performance. Les enjeux sociaux de la mondialisation, disait Gérard Restrallet, doivent être pris à bras le corps dans le respect des diversités culturelles, et surtout qu’il faut agir d’urgence pour mobiliser tous les acteurs, au-delà des frictions, des oppositions souvent radicales dont le monde d’aujourd’hui est témoin.
Monsieur Gorbatchev est venu pour apporter sa collaboration à ce symposium dont le but était de discuter sur :
– La marginalisation : trouver les solutions au plus près du terrain.
– L’efficacité sociale : comment la mesurer?
– Quelle mondialisation : comment dépasser les oppositions ?
Au dîner de clôture, M Gorbatchev était comme sa politique, il avait l’air d’apprécier Marrakech, son architecture et sa restauration. Car au-delà de la politique et des responsabilités qu’il porte aujourd’hui en tant que président de Green Cross international, un homme calme, simple, souriant et sympathique, nous est apparu. Il m’a dit qu’il était heureux et honoré d’être à Marrakech, moi aussi je lui ai souhaité grande bienvenue et hospitalité dans notre terre libérale, royale, celle de l’ouverture et du respect de l’autre.

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