Ne vous pressez surtout pas

Ne vous  pressez  surtout pas

Parmi les nombreuses spécificités de ce pays béni et qui baigne dans un océan de félicité, il n’y a aucun pays dans le monde comme le Maroc où rien n’arrive même quand il n’y a plus de gouvernement. Vous allez me dire que j’exagère un peu puisqu’actuellement il y a encore un gouvernement qui traite les affaires pressantes, dans l’attente d’un remaniement ou carrément d’un total changement.

D’accord, mais en attendant, on ne voit pas grand monde bouger pour faire bouger les choses. Vous me direz encore que je dois être quand même indulgent avec ces gens car on vient à peine de dire au revoir au Ramadan, ce sacré mois d’oisiveté où il y a trop à boire et à manger, qu’il fait très chaud et que la Clim ne marche pas parfois comme il faut, que l’affreux Daniel nous a pourri notre fête et a donné des cauchemars à nos gamins, que ce qui se passe chez nos amis égyptiens nous fait un peu froid au dos, et puis, après tout, c’est la période des vacances, et tout le monde a droit à un peu de répit, y compris les ministres, et y compris ceux qui, parmi eux, on voit très peu.

Et à propos de voir, je suis agréablement surpris et franchement impressionné par notre ministre en charge – en attendant que l’on en décharge – des affaires de nos ressortissants à l’étranger. Le pauvre, il se démène comme un diable pour les faire rentrer au bled en essayant coûte que coûte de compter ce qu’ils nous ont apporté, et de nous le rapporter aussitôt. Si on le croit – et il n‘ y a aucune raison de ne pas le croire puisqu’il est partant – ce sont des milliards et des milliards qui vont être dépensés cet été par nos valeureux et si généreux immigrés.

Il y a également deux autres membres de notre Exécutif exténué qui ont fait parler d’eux cette semaine. Le premier, c’est notre justicier en chef. Après s’être mélangé les pinceaux avec la triste affaire de Daniel le Salaud, il a fait une déclaration qui l’a fait monter au firmament. Il traite ses ex-collègues avocats plus ou moins de lâches et les défie de lui apporter toute affaire louche qui se déroulerait dans ses tribunaux. Il paraît que depuis qu’il a pris la lourde balance de la justice dans les mains, il n’y a eu qu’un seul avocat qui est venu se plaindre d’un juge véreux.

C’est vrai que c’est un peu trop peu. En attendant d’autres avocats délateurs courageux, je n’ai que 2 mots à dire : bravo, maître. Le 2ème ministre dont je voudrais vous parler, c’est le porte-parole de notre gouvernement silencieux. Notre jeune et néanmoins dynamique – oui, oui, il fait ce qu’il peut – a signé cette semaine un «accord de partenariat» avec «L’Association marocaine des droits des téléspectateurs», dont le président est un certain Mustafa Benali (à ne pas confondre avec son homonyme qui, lui, s’est moqué un peu et même parfois beaucoup de ces mêmes téléspectateurs au temps où il était chargé de les distraire. Si Mustafa, si tu nous regardes…).

D’abord, je voudrais poser une question bête et méchante : qui a délégué à cette «association» le droit de parler en notre nom ? Est-ce que parmi vous, chères lectrices et chers lecteurs, il y a quelqu’un qui aurait voté pour ce «Président» pour qu’il défende vos droits ? En tout cas, moi pas. Sachant que nous sommes plusieurs millions de téléspectateurs et téléspectatrices à regarder – ou à ne pas regarder – malgré nous nos pauvres chaînes de télé, il aurait du mal à nous réunir tous et toutes pour l’élire. Mais, vous savez, au Maroc, on n’est pas à un délire près. En attendant, il va falloir attendre encore un peu pour voir un nouveau gouvernement voir le jour.

Nous avons tout notre temps. La vitesse, nous dit-on, est une invention des démons et des… crocodiles. Maintenant, si quelqu’un d’entre vous veut faire partie du prochain gouvernement, qu’il ne fasse surtout pas comme moi. Qu’il la ferme et qu’il attende ! 

Bonnes vacances, les chanceux et les chanceuses. Quant aux autres, contentez-vous des jours fériés. Très bon week-end à tous et à toutes.

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