Périscope : Le pire est à venir

Périscope : Le pire est à venir

La recrudescence des opérations de la résistance irakienne commence à inquiéter sérieusement l’Administration américaine au point que le général Tommy Frank déclare que la guerre n’est toujours pas terminée. En outre, les messages sonores du président déchu Saddam Hussein laissent présager que le pire est à venir. Déjà, les soldats américains essuient chaque jour jusqu’à 25 attaques violentes, à la sophistication croissante. On parle de deux pôles de résistances en Irak. L’un islamiste, renforcé par les partisans d’Al Quaïda. Le deuxième entretenu par d’anciens membres des forces de sécurité de Saddam Hussein. Un seul mot d’ordre réunit les deux pôles : le départ des occupants. La radicalisation constatée est le résultat d’erreurs commises par les forces de la coalition. Selon un expert, « les tribus étaient bien disposées à l’égard des Américains. Elles ne s’étaient pas battues. Ils avaient conclu un accord avec l’Administration Bush pour que ses troupes restent en dehors des villes irakiennes. Cet accord n’a pas été respecté. Le Pentagone a délibérément ignoré la sensibilité des Irakiens. Après quelques incidents lors de patrouilles musclées, des cheikhs conditionnés se sont mis à exciter la population ». Le fossé s’est tellement creusé au point que les policiers irakiens qui travaillent avec les Américains sont traités de collabos par la population. Ils menacent de démissionner si les Américains n’évacuent pas les centres-villes. Pour se convaincre de l’ampleur des dégâts causés par la méconnaissance des Américains des us et coutumes tribaux irakiens, il faut savoir que les dépenses militaires liées à la guerre en Irak s’élèvent pour l’instant à 48 milliards de dollars, presque une fois et demie le PIB du Maroc pour toute une année. En outre, le montant de la facture mensuelle irakienne se situe à plus de quatre milliards de dollars. Les soldats américains et britanniques sont systématiquement pris pour cibles et pourchassés efficacement. Des dizaines de milliers d’hommes armés des troupes paramilitaires irakiennes se sont constituées en cellules ou réseaux indépendants. Outre ces forces organisées, considérées comme responsables des malheurs actuels de la coalition, de plus en plus d’Irakiens prennent les armes contre les forces d’occupation, notamment en réaction d’autodéfense contre des attitudes humiliantes de militaires de la coalition qui ne respectent pas la culture populaire irakienne. Bref, le pire reste probablement à venir.

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