Post-scriptum : Abolir la peine de mort !

Post-scriptum : Abolir la peine de mort !

Le Maroc sera-t-il le premier pays arabe à abolir la peine de mort ? Cela est possible, vraisemblable et serait en cohérence avec le projet de société que nous poursuivons. Le 1er février s’ouvrira à Paris un colloque international sur l’abolition de la peine de mort, le président de l’ONG à la pointe de ce combat était au Maroc il y a quelques jours et il confiait sur le plateau de la chaîne française d’infos «I-télé» que deux pays arabes étaient les plus avancés sur cette réflexion : le Maroc et la Jordanie. Dans notre pays d’ailleurs, un collectif d’associations et de personnalités œuvrent avec perspicacité en ce sens. Avouons que cela serait un formidable progrès pour notre société elle-même et un signal fort adressé à la communauté internationale que nous soyions le premier pays arabe à supprimer la peine capitale.
Paradoxalement, les monstrueuses images de la pendaison de Saddam Hussein –diffusées à l’échelle planétaire – ont, peut-être, dans leur crudité aidé la cause des abolitionnistes.
En tout étant de cause, le débat prend de l’ampleur sur la plan international mais aussi dans notre pays. Nous aurions tort de penser que la population marocaine, que l’on décrit souvent comme conservatrice (??), le serait sur les grandes questions de société.
Pour pratiquer au quotidien ce genre de discussion avec les jeunes, il est clair que ceux-ci ne demandent qu’à être convaincus et sur des sujets tels que le sida, le rôle de la femme ou la peine de mort, ils font preuve de beaucoup d’ouverture d’esprit.
Il nous faut surtout faire preuve de pédagogie, dialoguer, expliquer, convaincre… comme toutes les grandes causes sociétales, le progrès passe par la persuasion, et en matière de peine de mort, il nous faut – me semble-t-il– élagir le débat, le populariser, le faire pénétrer au cœur de la population.
Le Maroc représente une exception, un phare dans le marasme arabo-musulman actuel et sur bien des sujets, nous sommes à la pointe : efforçons nous donc d’être à la hauteur du projet de société que nous élaborons tous ensemble, pour faire de l’abolition de la peine de mort un nouveau petit caillou blanc – aux côtés de ceux que nous avons déjà posés (Moudouana, IER, réforme de la nationalité…)– sur le chemin juste que nous avons emprunté.

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