Post-scriptum : Cette oisiveté qui tue…

L’oisiveté et le désœuvrement, jumeaux du désespoir, sont assassins ! Nul ne l’ignore : drogue, immigration clandestine, dérives, refuge dans l’intégrisme… sont les fruits généreux de ces trois maux. Or, l’été est sûrement la saison où le désœuvrement est le plus pesant, le plus lourd à porter pour nos jeunes. Le soleil, le mythe des vacances, l’«ambiance» générale, la pression sociale… font que -encore plus que durant les autres saisons-, les jeunes qui n’ont d’autre perspective que de «tenir les murs» dans leurs quartiers souffrent. Le sentiment d’inutilité, le sentiment d’injustice de se sentir «laissés pour compte», voire la rancœur rendent le climat dans nos quartiers étouffant. Le ministre en charge de la Jeunesse Si Mohamed El Gahs a lancé l’heureuse initiative des «vacances pour tous» et ainsi des milliers d’enfants du peuple peuvent bénéficier de ce programme. Les régions, les villes, les associations… doivent, elles aussi, prendre leur part de cet immense chantier qu’est l’accès aux loisirs, pour nos jeunes. Ne nous y trompons pas, cela n’est pas un «luxe» et n’a rien de superflu. Les loisirs, les «vacances», le sport, la musique, la culture sont indispensables à l’épanouissement de notre jeunesse. C’est dans cet esprit que le Réseau Maillage lance à compter du 12 juillet -et jusqu’à la fin août- un «camping de jour» pour les jeunes de 15 à 25 ans des quartiers périphériques de Casablanca. Le principe en est simple et n’a pas la prétention de répondre à l’attente de toute la jeunesse casablancaise mais toujours est-il que grâce à cette initiative, 350 jeunes de Lissasfa, Hay Mohammadi, Aïn Chock, Hay Lalla Meryem, Aïn Herrouda, Sidi Bernoussi… bénéficieront d’un circuit de ramassage de 6 bus grâce à la coopération citoyenne de la STCR, qui les mènera jusqu’au camping installé sur la plage de Zenata, grâce à la préfecture de Mohammédia. Ces jeunes encadrés par les associations de quartiers de Maillage pourront s’y adonner à toutes sortes de sport, jeux, loisirs éducatifs… gratuitement. Ce «camping de jour» est entièrement géré, conçu, animé, aménagé… par des jeunes animateurs bénévoles du Réseau Maillage.  Ce camping a -pour réussir- bénéficié du cadre de l’INDH, de particuliers qui ont offert, qui des parasols, qui des T-shirts, qui des tentes, de sociétés telles que la CDG, la Samir, la STCR, Redagraph… qui ont contribué sans réticences, du secrétariat d’Etat à la Jeunesse qui a offert du matériel sportif… Bref, cette belle entreprise de jeunes par les jeunes a su engendrer l’adhésion. Et pour cause : 1800 jeunes de quartiers populaires -ne pouvant bénéficier de vacances- ont ainsi, durant 6 semaines, goûté aux plaisirs de l’été pour un budget total d’à peine 180.000 dirhams. Ce qui représente exactement 100 dirhams par jeune ! Me permettez-vous -sans aucun esprit polémique et tout en rappelant tout l’intérêt d’un festival- de poser la question de l’exhorbitance des coûts de pareilles «fêtes». Ce qui ne remet en cause ni le besoin de spectacles musicaux ni la  nécessité d’espaces scèniques où nos jeunes artistes pourraient se produire, ni le bien-être que procurent ces festivals à des milliers de spectateurs… mais pose la question de leur conception, de leur adéquation. C’est toute une manière de leur concevoir les loisirs, l’esprit de la fête, le sens de la convivialité… qu’il nous faut reformuler, pour que les festivals s’inscrivent, s’incluent dans un programme complet en direction de la population, notamment de la jeunesse. Et n’apparaissent pas comme un événément fabriqué et ponctuel.

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