Post-scriptum : INDH : An III

Post-scriptum : INDH : An III

L’INDH fête cette semaine son troisième anniversaire : c’est tout à la fois long et court. En tant que projet de règne , ces 3 années d’existence ne sont qu’une entame, mais en terme de chemin parcouru, le bilan est déjà impressionnant. Pourtant, ce n’est pas tout sur le nombre colossal de projets – à travers le Royaume- que je voudrais m’arrêter mais bel et bien sur la philosophie de l’INDH et la résolution dans les esprits et les pratiques, qu’elle a commencé à impulser.
Alors que la France en est à son énième plan Banlieues, tout autant voué à l’échec que les précédents parce que continuant à décider «En Haut» ce qui est bon pour «En Bas», le Maroc a choisi, quant à lui, d’inverser la tendance, en s’efforçant de faire naître l’initiative, le projet, au sein de la population pour ensuite le faire remonter aux instances locales et régionales mises en place spécialement.
Nul ne peut légitimement penser que le but serait atteint en 3 années d’autant plus lorsque l’on connaît «les poches de résistance» qu’une telle (r)évolution des mentalités engendre. J’en prendrai pour exemple le nombre de départements ministériels qui peinent –ou rechignent- à se mettre au diapason, car sentant le «pouvoir» leur échapper et se retrouvant au pied du mur, obligés à soit retrousser leurs manches et se mettre réellement au travail, soit reconnaître qu’ils sont dépassés !
Ce troisième anniversaire ne sera pas –et ne doit pas être- l’occasion de rodomontades, aux  quatre coins du Royaume des forums seront initiés : Casablanca, Laâyoune, Oujda, Tanger ; ils doivent permettre de faire une sorte de bilan d’étape et de remédier aux points d’accrochage : car c’est aussi cela l’INDH, une démarche participative et donc évolutive. Au titre justement des remèdes à apporter, il devient clair que le volet « AGR » doit être remanié : ces «Activités génératrices de revenus» sont si complexes qu’elles ont plutôt un effet repoussoir qu’attractif et que la population –effrayée- s’en détourne. Or, ce volet de l’INDH est primordial qui devrait favoriser l’insertion économique ! Quand par ailleurs, on s’aperçoit que le programme Moukawalati est lui aussi en panne (1000 entreprises créées sur 30.000 prévues), on mesure l’urgence d’une indispensable révision.
En tant qu’homme de terrain, je voudrais ici souligner ce qui représente pour moi la plus belle façon de marquer l’anniversaire de l’INDH : je veux parler du remarquable travail que vient d’effectuer la coordination nationale de l’INDH en s’attelant à la rédaction d’un «Manuel de procédures pour les activités socio-culturelles, sportives et environnementales». Tout y est, des opérations de circoncision aux tournois sportifs inter-quartiers en passant par les centres d’estivage ou les initiatives quartiers propres… Le tout conçu à l’échelle du quartier, du douar, avec le souci d’impliquer notamment les associations de jeunes, les associations locales, de coller aux attentes et à la réalité du terrain. Sûrement, l’un des meilleurs manuels de l’INDH au service de la population des quartiers, des communes, que le gouverneur Dadès et son équipe ont –de plus- tenu à faire valider par des femmes et des hommes de terrain. Ce sont de telles pratiques qui feront évoluer l’INDH, qui lui permettront de réussir, non pas pour le plaisir d’une «élite»  associative ou politique ou médiatique, mais pour la satisfaction de milliers, de millions de Marocains(es) à la recherche de pratiques qui leur permettront de sortir de l’exclusion et d’accéder à la dignité et au respect.

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