Post-scriptum : Matkhelich chiwahed ihdar fi blastek !

Post-scriptum : Matkhelich chiwahed ihdar fi blastek !

«Matkhelich chiwahed ihdar fi blastek», «Ne laisse pas quelqu’un d’autre s’exprimer à ta place», «Don’t let others speak for you» …décliné en plusieurs langues ce leitmotiv qui accompagne les affiches de leur initiative «Yallah, nsawtou» veut mettre l’accent sur la responsabilisation de la jeunesse. Référendum, élections législatives…deux échéances décisives pour notre avenir à ce moment précis où nous dépassons un stade -celui de la transition- pour aller vers un autre – celui de la démocratie- et qui nécessitera impérativement un renouvellement de la classe politique ! D’ailleurs, malheureusement, la campagne audiovisuelle actuelle met en scène les mêmes éternelles figures , d’où l’importance de trouver d’autres créneaux, d’autres moyens, d’autres vecteurs, d’autres visages pour parler à la jeunesse !
Une fois de plus, pourtant ceux qui ont pendant trois mois, affirmé être «la conscience de la jeunesse» ont raté le coche : en effet le mouvement du «20 Février» s’est déjà fourvoyé lorsqu’après le discours royal du 9 mars il n’a pas su se transformer en force de proposition, même chose lorsqu’il a refusé d’être entendu par la Commission Mennouni , puis quand il n’a pas saisi l’occasion pour inciter la jeunesse à s’inscrire sur les listes électorales et  à présent, puisque alors qu’à chacune de leurs marches ils revendiquaient le changement, ils appellent à boycotter le référendum ! Référendum pour une réforme qui apporte pourtant de réelles et substantielles  modifications… A croire donc que leurs objectifs étaient tout autre que militer pour le progrès et notamment l’intérêt de la jeunesse. Appeler au boycott relève de l’irresponsabilité, pourquoi donc si la nouvelle Constitution ne leur convient pas ne pas avoir appelé à voter «non»  ? Boycotter revient à ne plus avoir le droit de «jouer» la partie  par la suite, puisque l’on se met hors-jeu, boycotter revient à «se laver les mains » de ce qui se passe, en fait boycotter revient à ne gagner qu’un seul droit celui de se taire !
On le voit bien ici, ceux donc qui pendant des semaines ont prétendu être la voix de la jeunesse ne visaient que le «coup ponctuel» et aujourd’hui alors qu’il faut à nouveau se retrousser les manches nous retrouvons sur le terrain les militant(e)s qui y agissent depuis toujours, les associations qui œuvrent au quotidien…ceux que les jeunes savent pouvoir trouver à leurs côtés sans qu’il n’y ait besoin des caméras de France 24 ou d’Al Jazeera !
Voter est un droit, voter est un devoir, bien sûr pour le moment les projecteurs sont braqués sur cette thématique, mais lorsqu’ils seront éteints, il faudra continuer ce travail de longue haleine, cette éducation citoyenne, cette initiative de «salubrité civique» qui consiste à,  encore et toujours, permettre à nos jeunes de devenir des électeurs conscients, responsables et à même d’accéder aux postes de responsabilité élective. «Yallah nsawtou» n’ est pas un slogan conjoncturel, il doit être le cri de ralliement d’une jeunesse pour édifier son pays, pour construire un projet de société dont les mots clés sont respect, dignité, justice, égalité et d’où effectivement seront bannis le clientélisme, la corruption , la «hogra»…  S’il est un discours à tenir à notre jeunesse ce n’est pas celui de «demain on rase gratis» mais celui de l’engagement, de la participation, de l’implication, de l’effort… et cela commence par mettre un bulletin de vote dans l’urne, en toute liberté, en toute responsabilité et en toute conscience !

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