Post-scriptum : Pour une politique de la ville

Nos villes se développent à la vitesse grand V, Casablanca en est sûrement l’exemple le plus frappant : pour autant peut-on assurer que ce développement soit harmonieux. Que l’on parle gestion locale, émergence de nouveaux quartiers, rapports élus-population, politique de proximité… force est de constater que les obstacles, les entraves, les dysfonctionnements sont la règle courante.
Le plus effrayant étant -selon moi- la poussée, tels des champigons, de quartiers qui -si l’on n’y prend pas garde- ont de fort risques de se transformer en véritables ghettos urbains. Sous d’autres cieux, l’on a pu constater les dégâts provoqués par un développement anarchique des villes. Au Maroc, il est encore temps d’agir, de prévenir, d’infléchir !
Une politique de la ville peut et doit être élaborée et appréciée. Les acteurs du mouvement associatif de terrain doivent être associés, la population consultée car qui mieux qu’eux peut savoir ce dont ils ont besoin dans leurs quartiers; la gestion de locaux associatifs, centres culturels, terrains de sport, salles de réunions… doit leur être confiée, car c’est bien eux qui y vivront au quotidien et y agiront.
Certains nouveaux quartiers sont effrayants; par exemple  -et je suis sûr que les mères de familles sauront de quoi il s’agit- : dans un grand nombre d’appartements, rien n’a été prévu pour le lavage du linge (imaginez les familles nombreuses) et encore moins pour son étendage, d’où ces horibles tas de vêtements qui s’entassent aux fenêtres. On cherche parfois en vain le plus petit arbre ou brin d’herbe, pire dans un souci évident de profit immédiat, on a totalement poublié que des gosses, des jeunes ont besoin de jouer, se dépenser, se divertir, accéder aux loisirs, à la culture…
On a oublié les écoles, les dispensaires, les mosquées. Certes, la prise de conscience se fait, les cahiers des charges se font contraignants en matière d’infrastructures sociale, culturelle, éducative, sportive… Pourtant, les lacunes sont encore béantes en ce qui concerne la consultation et l’implication de la population et les rapports élus locaux-habitants sont loin  d’être «au niveau». A quand -par exemple- des réunions de comptes-rendus de mandats, réguliers, tenues dans les quartiers par les élus.
La politique de proximité prend tout son sens, toute son importance dans la définition d’une politique de la ville digne de ce nom.
En cette période préélectorale où l’on parle beaucoup de la nécessaire réhabilitation de la politique, n’est -ce pas le meilleur moyen de renouer le lien et la confiance? S’intéresser et intéresser la population à son lieu de vie !

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