Post-scriptum : respect !

«Respect», titre d’une sublime chanson de Rythm and blues est aujourd’hui un mot repris tout au long des refrains des jeunes musiciens de hip-hop, breakdance et musiques urbaines. C’est un cri de ralliement, un terme de reconnaissance dans le langage de toute une génération. C’est aussi le mot employé pour dire son admiration, son emballement, son plaisir. C’est le titre que j’ai choisi pour ma chronique de ce jour pour dire combien «repect et dignité» sont aujourd’hui 2 mots-clés du projet de société que nous construisons. Car avant toute chose, c’est peut-être de cela qu’est le plus avide, notre population; ce sont aussi 2 concepts fondateurs de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain. Ce sont aussi les bases mêmes de la citoyenneté et du civisme. Or, reconnaissons que chacun d’entre nous les bafoue quotidiennement. Les catégories de notre population les plus victimes du manque de respect sont sûrement les femmes et les jeunes. Au sujet de ceux-ci, je pourrai citer une multitude d’exemples, je me limiterai à quelques uns, édifiants !
Ainsi à Oujda où lors d’une réunion réunissant 300 personnes (et où n’étaient présents qu’une dizaine de jeunes) un orateur à l’âge certain exige le respect des jeunes envers leurs aînés – ce qui est légitime- oubliant dans le ton et dans la forme de son propos, que ce respect doit être réciproque. Ainsi à Casablanca, où le propriétaire d’une superbe voiture lors d’une manœuvre hasardeuse manque de renverser un jeune -visiblement de condition modeste- et lui assène, devant les protestations de ce jeune, «tu ne sais pas qui je suis !». Ainsi, une ville du centre du Maroc, où un jeune responsable d’association -certes vêtu d’un «bermuda» se présente à la porte de la wilaya et se fait copieusement «tabassé», en raison de son habillement «irrespectueux», et bien sûr refuser l’accès de ladite wilaya. Ce type «d’anecdotes» fleurit et je pourrai en citer à longueur de colonnes, ces humiliations ne faisant que produire rancœur et rancune dans les cœurs et les esprits.
C’est pourquoi, je suis persuadé que le préalable à notre développement, notre progrès, la construction d’une société plus humaine, plus juste, est bien le respect. Les Marocains(e)s sont un peuple fier et sûrement la blessure qu’ils ressentent le plus est bien le mépris. L’administration, les agents d’autorité, les «responsables» plus que d’autres doivent veiller à traiter avec respect, avec dignité chacune et chacun de nos concitoyens : d’ailleurs les progrès sont palpables en la matière, même s’il reste beaucoup à faire. Mais ils ne sont pas les seuls : veillons à ne pas «coincer» notre population entre populisme d’un côté et élitisme de l’autre; entre censure et folklore paternaliste; entre infantilisation et condescendance. Pour m’en tenir au domaine de la jeunesse, connaissant bien nos jeunes, je sais à quel point leur sensibilité est à fleur de peau et à quel point il nous faut être respectueux, responsable, digne de confiance dans notre façon de dialoguer et agir avec elle. Le début de l’éducation est bel et bien le respect !

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