Servir une cause et non pas s’en servir

Servir une cause et non pas s’en servir

L’utilisation non déontologique des réseaux sociaux conduit à une confusion des genres, cette constatation se vérifie aujourd’hui jusque dans le mouvement associatif. Le risque existe de voir le bénévolat, le volontariat pris en otages par des «pirates» : il ne suffit pas de se baptiser «mouvement» ou «groupe» sur Facebook pour être réellement et concrètement association au sens noble du terme. Peut-être serait-il utile d’en redonner quelques éléments de définition : «Une association est une société de personnes et de droit privé dont l’objet social ne doit pas être lucratif… Les associations font partie des formes sociétales qui ont en commun de participer à la vie sociale sans rechercher le profit. Elles n’ont ni personnalité ni existence sans respecter certaines formes légales, en particulier d’avoir un statut écrit qui est déposé.»
Il est donc clair qu’un groupe qui n’a qu’une existence virtuelle n’est pas une association et le danger de voir des «flibustiers» se saisir de ce créneau pour des intérêts tout à fait autres que l’engagement sincère et désintéressé, est réel. Bien sûr des initiatives, des actions ponctuelles naissent  via les réseaux sociaux et ont des résultats extraordinaires, le plus souvent il s’agit de répondre à une urgence, à un besoin, à une «catastrophe naturelle»… et c’est le mérite du Web que de rendre possible cette forme de mobilisation ! Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur ces initiatives spontanées et il faut préserver cette démarche. D’où la nécessité de «fixer des règles» par exemple si une action menée avec sérieux et honnêteté mobilise et soude un certain nombre de participants, il serait alors judicieux pour ces acteurs – s’ils souhaitent s’inscrire dans la durée- de se structurer en association en bonne et due forme, c’est tout le réseau associatif qui en tirera bénéfice et verra ses rangs renforcés par encore plus d’acteurs !
Quant au Web, il serait nécessaire d’établir une charte de déontologie «associative»  qui éviterait les arnaques et autres détournements, même si cela demeure difficile à mettre en place il en va de la crédibilité de tous !
L’autre piège qui menace la sincérité de l’engagement associatif est, à mon sens, celui tendu par ceux qui, pour un intérêt particulier, plutôt que de servir une cause, une population ou un sujet de société ne font que «s’en servir». Je m’explique : prenons la cause de la jeunesse, alors que depuis des décennies peu nombreux étaient ceux qui se souciaient de nos jeunes, on assiste à l’heure actuelle à une véritable surenchère dans ce domaine -que l’on ne se trompe pas sur mes propos, je milite depuis trop  longtemps en faveur de la jeunesse pour aujourd’hui regretter qu’enfin on la prenne en compte – ce que je veux dire c’est que là aussi il faut agir avec déontologie: c’est-à-dire ne pas utiliser les jeunes, ne pas les instrumentaliser, ne pas avoir pour finalité d’en faire des figurants ou des troupes mais bel et bien d’œuvrer pour leur permettre d’apprendre, de se construire…le noble objectif n’est, certes, pas de les phagocyter mais bel et bien de leur donner les outils pour décider et choisir… en toute indépendance !

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