Transmission : Jeunesse urbaine, jeunesse rurale

La jeunesse des quartiers populaires urbains peut, à juste titre se plaindre des manques cruels qui obstruent son quotidien , tant en matière d’emploi, que de loisirs, que d’infrastructures culturelles, sportives, sociales. Peu de stades, pas de gymnases, de terrains de sport, de centres culturels dignes de ce nom, de lieux où pratiquer le théâtre, la musique…
Notre jeunesse peut aussi se plaindre du manque d’interlocuteurs, de référents, de fait les « encadrants » sont quasi inexistants (animateurs, éducateurs, médiateurs…). Le danger d’un fossé se creusant entre jeunes et société est également tangible lorsque l’on ne comprend plus son langage, son look vestimentaire, sa musique, ses goûts, ses envies, ses besoins. Et pourtant cette jeunesse est notre avenir et c’est d’écoute, de compréhension, de dialogue qu’elle a besoin. L’affaire des 14 jeunes musiciens a ému, touché, mobilisé… qui montre que les adultes restent attentifs au sort des nouvelles générations.
N’attendons pas de telles extrémités pour être à leurs côtés : c’est d’une présence quotidienne, respectueuse de ce qu’ils sont mais également éducative qu’il nous faut faire preuve.
Et si les jeunes rockers ont su mobiliser autour d’eux il ne faut pas moins en oublier que nombre de jeunes dans les quartiers populaires peuvent être victimes d’injustices, d’humiliations, de vexations… et qu’ils sont souvent bien seuls…
Malgré tout, une prise de conscience s’opère et l’on voit les projets de terrains, de complexes culturels, de locaux associatifs… fleurir à travers le Royaume, et être encouragés. Nous n’en sommes encore qu’aux prémisses mais ils sont prometteurs de jours meilleurs. Je voudrais pourtant ici, parler d’une jeunesse dont on parle peu et qui réellement manque de tout, la jeunesse du monde rural.
Là le chômage se fait plus cruel, le désoeuvrement plus poignant, l’inactivité et l’oisiveté plus oppressantes. Coincés entre le domicile parental, le café du coin où ils passent des heures devant un verre de thé, ou encore la pauvre salle de jeux contenant un ou deux billards boiteux, les jeunes de la campagne se sentent « oubliés du monde ». De cette jeunesse-là-partie intégrante de la jeunesse marocaine- il est également urgent de se préoccuper, pour la tirer de l’ennui où elle croupit et de l’inertie qui la rend vieille avant même que d’avoir été jeune. Bus-bibliothèques itinérants, ciné-clubs en plein air, terrains de sport de proximité, ateliers de formation professionnelle, structures associatives, emplois d’utilité générale… les remèdes existent !
Or la jeunesse marocaine, urbaine ou rurale, mérite une mobilisation massive, elle est en quelque sorte aujourd’hui une «cause nationale». Un sursaut s’opère, des initiatives se prennent, des actions génèrent du mouvement… nous sommes tous concernés car ils (elles) sont nos frères ou soeurs, fils ou filles… ils sont en tout cas notre avenir.

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