TVM et 2M sévèrement jugées

La télévision publique avec ses deux chaînes a raté la couverture du séisme qui a frappé la région d’Al Hoceïma le 24 février. C’est ce qui ressort du sondage ALM version électronique de cette semaine. La question posée à ce sujet aux visiteurs de notre site Internet est la suivante : à votre avis, la couverture du séisme d’Al Hoceïma par les deux chaînes publiques de télévision a-t-elle été : bonne, moyenne ou médiocre ?
532 personnes ont participé à ce sondage. Seuls 8,8% trouvent que la couverture par les deux chaînes de télévision de la catastrophe d’Al Hoceïma était bonne, tandis que 16,5% la jugent “moyenne“. Le reste des sondés, soit 74,6%, autrement dit, la majorité, sont mécontents du travail de 2M et de TVM qu’ils considèrent médiocre. Le vote de cet échantillon traduit certainement le sentiment des téléspectateurs marocains envers leurs télévisions notamment pendant les premiers jours du drame. Là où il fallait réagir à chaud en montrant de manière non-stop aux Marocains par le son et par l’image ce qui se passe sur les lieux du sinistre, les deux télés ont brillé par leur absence. Notamment la TVM qui n’a pas même cru nécessaire d’interrompre ne serait-ce que momentanément ses émissions froides pour annoncer le drame qui s’est noué dans cette partie du Royaume. Pendant les heures qui suivirent la tragédie et excepté le JT de 13h45 de 2M où quelques images sans grande signification furent diffusées, il n’y avait rien sur le petit écran national qui concerne cet événement tragique.
Cette situation a choqué les citoyens marocains aussi bien du pays que de l’étranger. Ils avaient du mal à comprendre pourquoi leur télévision qu’ils financent en partie à travers la fameuse taxe sur le paysage audiovisuel qu’ils payent dans chaque facture mensuelle de l’électricité a été incapable à ce point de les rapprocher du tremblement de terre d’El Hoceïma et de ses conséquences sur le terrain. En fait, le sinistre qui a frappé cette région du nord-est meurtrie n’a agi que comme un révélateur du mal profond qui mine le tube cathodique marocain : la lourdeur. Plutôt que le professionnalisme des équipes télévisuelles, ce qui est à incriminer ici c’est une certaine manière de faire la télévision. Une manière dépourvue de souplesse et de rapidité. En un mot, 2M et surtout TVM sont formatées pour faire des couvertures d’événements officiels programmés à l’avance avec à la clé un feu vert et des ordres de mission. Et non pour des événements chauds qui nécessitent, eux, des réflexes rapides, le sens de l’initiative et une logistique adaptée. C’est pour cela que les télévisions publiques marocaines sont prises à chaque fois en défaut dès qu’il s’agit de faits d’actualité brûlante, comme c’est le cas pour le séisme d’El Hoceïma. Devant ce genre de situations qui surviennent à l’improviste, elles perdent leurs moyens, ne sachant quoi faire. D’où le ratage.
Toute réforme sérieuse de la télévision au Maroc doit d’abord s’atteler à en revoir les mécanismes de fonctionnement de telle sorte que l’audiovisuel national n’ait plus à rougir devant les télévisions étrangères.

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