Un vendredi par moi

Les évènements de Laâyoune sont suffisamment complexes pour qu’on se hasarde à les analyser sans risque de tomber de travers de l’amateurisme. Je me contenterai en conséquence de quelques observations. Je ne sais pas s’il y a eu défaut de renseignement ou pas, sachant que les services de sécurité marocains face au terrorisme islamiste, au trafic des drogues et à l’immigration clandestine ont fait preuve jusque-là d’une certaine efficacité pour ne pas dire d’une efficacité certaine. Par contre, je suis convaincu que le démantèlement du campement par des forces de l’ordre sans armes est une décision politique mûrement réfléchie. C’est ainsi et seulement ainsi que le piège s’est retourné contre l’Algérie, le Polisario et la presse espagnole. A relever également que l’assassinat par la barbarie de l’égorgement est une technique spécifiquement algérienne qui a fait son apparition dans ce pays contre des intellectuels et des journalistes algériens. Nombre d’observateurs sont persuadés que pour la plupart, ces assassinats au début de la guerre civile en Algérie sont le fait de la sécurité militaire algérienne. Enfin, et c’est cruel à dire, le sacrifice suprême fait partie du contrat des forces de l’ordre public et de la sécurité nationale quel que soit le corps auquel elles appartiennent. En cas de guerre, je le dis pour l’Algérie qui est en train de se surarmer, il est le devoir de toute la nation. 
Maintenant que je suis rassuré, je peux le dire. Depuis l’autodafé, il y a cinq ou six ans, du drapeau marocain à Rabat par des séparatistes sahraouis dans une certaine indifférence des autres étudiants du campus de la capitale, je vivais avec la crainte que l’affaire du Sahara, sacrée entre toutes, avait fini par provoquer  une forme de lassitude dans l’opinion publique nationale. Le cessez-le-feu, l’enlisement du processus référendaire dans une interminable et inextricable opération d’identification des ayants droit au vote, les négociations sans fin d’une solution politique dite de troisième voix donnaient l’impression d’avoir provoqué une tiédeur dans la ferveur que connaissait le Maroc dans la foulée de la Marche Verte. Les faits, pour mon bonheur, m’ont détrompé. Les derniers et tristes évènements de Laâyoune ont démontré que la braise était là, enfouie sous les cendres feutrés de la diplomatie. L’erreur a été, pour l’Algérie et de son appendice le Polisario, de souffler dessus.
Il y a comme de bien entendu l’exception qui confirme la règle : l’éditorialiste hors pair qui sait tout, a son mot à dire sur tout et une solution de rechange à tout. Tel que nous n’avons pas pu nous en apercevoir, le Maroc compte parmi ses enfants à la fois l’homme providentiel et le messie. Mais nul n’est prophète chez lui. Ceci étant, je comprends le coup de gueule du ministre de la Communication, Khalid Naciri et la nausée créatrice qui a inspiré sa lettre ouverte à l’éditorialiste. En Algérie, dans une situation similaire, je n’aurais pas donné cher de sa peau. De l’éditorialiste bien sûr pas de Khalid Naciri, quoique…

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