Un vendredi par moi

Que dire de la sortie du Prince Moulay Hicham, d’abord dans l’hebdomadaire français Le Nouvel Obs, puis chez le camarade Cembrero dans le journal espagnol El Païs ? Rien, sinon que comme à son habitude il a été intempestif. On sait ce qui le fait courir depuis qu’il a contesté publiquement le principe de la primogéniture dans la Constitution marocaine. Pour son alter ego, Aboubakr Jamaï, je me contenterai de renvoyer les lecteurs à l’éditorial de Khalil Hachimi Idrissi dans l’ALM du 26 janvier dernier. J’y adhère totalement. Deux pays de notre sphère, la Tunisie et l’Egypte en l’occurrence, traversent des instants historiques décisifs dont nul, sinon les apprentis sorciers, ne peut prédire l’issue ni la manière dont se fera la transition, processus généralement très complexe et risqué. Personne non plus ne peut dessiner les contours de leur onde de choc sur leur environnement direct, c’est-à-dire le nôtre. On peut déblatérer à longueur de journée comme le fait la chaîne princière de Qatar, Al Jazeera. Ou spéculer à longueur de pages comme le fait par exemple le quotidien marocain du MUR et donc également du PJD. Attajdid du 31 janvier n’a pas hésité à modifier sa mise en page, sacrifiant la dernière avec ses horaires de la prière ainsi que la deuxième à des photos des manifestations égyptiennes, dix-neuf en tout, très suggestives pour ne pas dire du Jazeera sur papier. Au point de reléguer, ce qui est sémantiquement très signifiant, le politologue Mohamed Darif, pourtant d’habitude très prisé et bien mis en valeur par le journal, en bas des intervenants marocains dans la page trois. Probablement parce que, contrairement à d’autres, il a affirmé que le Royaume constituait une exception par rapport aux régimes arabes en place. Ce qu’il faut souhaiter à ces pays, c’est la meilleure sortie politique de la crise avec le moins de dégâts possibles. Déjà en difficulté économique, financière et sociale, nos contrées n’ont pas les moyens de se payer ce luxe. De la retenue ne ferait de mal à personne et c’est précisément celle-ci qu’on ne retrouve pas chez les islamistes dits modérés. Dans les vociférations d’Abdelillah Benkirane, dans le cynisme de Lahcen Daoudi, dans l’hermétisme dogmatique de Mustapha Ramid, on ne rencontre qu’une arrière-pensée lancinante, un non-dit constant s’apparentant curieusement au déterminisme historique du marxisme : «Nous ou le chaos !» Ou pour faire local en paraphrasant l’autre islamiste, Abdeslam Yassine, l’islamisme ou le déluge. Un jour, et en dehors d’une fixation compulsive sur le PAM, j’aimerais que l’éditorialiste d’Attajdid et néanmoins ami Mustapha Al Khalfi me montre où se terre, et quels en sont les animateurs, ce courant éradicateur qui veut faire la peau aux uns et jeter à la mer les autres. En attendant, je le prie de savoir raison garder.

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