«Anfa, Dar El-Beïda, Casablanca», un roman historique en images

«Anfa, Dar El-Beïda, Casablanca», un roman historique en images

Comment la petite ville de Dar-El-Beïda, l’ancienne Anfa, est-elle devenue en moins de cent ans la mégapole de l’Afrique du Nord : Casablanca ? C’est autour de cette question que le photographe Abdeljalil Bounhar a constitué son ouvrage qui vient de paraître. Intitulé «Anfa, Dar El-Beïda, Casablanca. Trois noms, une seule ville», ce roman historique regroupe environ 700 photos qui marquent la naissance et la croissance de cette ville. C’est un travail qui a demandé plus de vingt ans. Abdeljalil Bounhar a collecté des documents photographiques scrupuleusement actualisés et commentés, légués par des photographes étrangers. «En 1988, lors de l’exposition «Casablanca-Rome», j’ai compris l’enjeu d’une actualisation du patrimoine photographique de Casablanca, projet de livre auquel je devais m’atteler moi-même», explique le photographe. Fasciné par le charme de Dar El-Beïda, M. Bounhar a fait l’acquisition de quelques cartes postales durant son voyage en France en 1988 et 1989, et il a pris la décision de s’y établir, afin de mettre toutes les chances de son côté pour trouver des documents intéressants. Après cette décision, ce photographe a sillonné les marchés aux puces à travers l’Europe, tout en liant contact avec bon nombre de brocanteurs et de bouquinistes qui lui informaient sur tout ce qui arrivait concernant Casablanca. Parallèlement, il a effectué plusieurs déplacements au Maroc pour des prises de vues qui nécessitaient parfois des moyens considérables. «J’ai fait un long chemin avant même de commencer la réalisation stricto sensu du livre. Comme je n’ai bénéficié d’aucune aide, et vu la démesure de la ville actuelle, ma tâche s’est avérée gigantesque j’ai décidé donc de l’affronter par étapes en la limitant des origines au périmètre des années 1950, juste avant l’indépendance», ajoute ce photographe. Attiré par les documents des photographes tels J. Boussuge, Bertou, Alhambra, Flandrin, Maillet, Levy et Neurdei et autres, M. Bounhar  a été convaincu que ces documents constituent une valeur inestimable et ils nous donne la possibilité de suivre les transformations qui ont métamorphosé la petite ville de Dar El-Beïda, l’ancienne Anfa, en métropole de l’Afrique du Nord. «En me basant sur ce patrimoine et en m’inspirant de l’approche comparative de Flandrin, qui permet de mieux apprécier le chemin parcouru, j’ai voulu actualiser l’œuvre de mes prédécesseurs, afin de raviver la mémoire négligée de ce site au destin exceptionnel». Par ailleurs, M. Bounhar a tenté de retracer les phases les plus importantes de l’histoire de la cité et ce, contraint parfois de choisir entre plusieurs versions. «Durant la rédaction de cet ouvrage, j’ai été animé par la volonté de dépasser la curiosité, l’émerveillement, devant l’essor de l’agglomération casablancaise, pour saisir sans parti pris les motivations profondes d’un urbanisme que l’on peut aisément qualifier de «politique», étant donné que jusqu’à l’indépendance, il fut davantage dicté par des considérations nationalistes qu’économiques», écrit M.Bounhar dans le préambule du son livre.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *