Archéologie : Une belle découverte

Des archéologues ont mis au jour à deux pas du Vieux Port un monument d’une ampleur inédite, datant de la Marseille grecque archaïque (VI-Ve siècles avant J.-C.), et espèrent en tirer des indications sur la vie des fondateurs de la cité phocéenne.  "Un sanctuaire, le podium d’un temple? Un ouvrage défensif?": Philippe Mellinand, archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) avance les hypothèses pour qualifier les vestiges de ce grand édifice de 120 m2, d’environ 550 avant notre ère, "première construction à frapper le regard des voyageurs d’antan pénétrant dans la calanque" de Marseille.
Une chose est certaine, le site découvert à l’occasion de travaux d’extension d’un collège "témoigne des premiers aménagements de l’implantation de la colonie grecque dès 2.600 ans avant J.-C. dans la plus vieille ville de France", affirme M. Mellinand.  "Ce chantier est exceptionnel par l’ancienneté des vestiges, son étendue (400 m2) et son épaisseur stratigraphique (3 m de profondeur)", poursuit-il, les yeux pétillants devant ce qui ne semble être qu’une béance de terre et de pierres, striée par les tranchées de la fouille.  "Les colons phocéens ne sont pas arrivés les mains vides et n’ont pas vécu dans des cabanes de pêcheurs: ils sont venus avec des plans d’urbanisme dans les poches, une architecture fonctionnelle", raconte M. Mellinand. D’autres bâtiments exhumés antérieurs (575-550 avant J.-C.) pourraient être des structures d’habitat aux fondations de pierre et murs en briques de terre crue.
Autour du "podium", différentes constructions recelant des indices architecturaux comme des blocs de pierre de grande taille et des enduits peints bleus laissent penser qu’un complexe monumental avait été réalisé. Des similitudes avec des sanctuaires du monde grec, comme à Gravisca en Etrurie (Italie centrale), rendent plausible l’idée d’un sanctuaire réservé aux armateurs et marchands venus déposer des offrandes à leurs divinités protectrices. Les objets découverts, essentiellement des fragments de céramiques d’origine grecque (attique, corinthienne ou ionienne), ont aussi enthousiasmé les archéologues.

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