Bourses L’Oréal Maghreb-Unesco : Le glamour se conjugue aux recherches poussées

Bourses L’Oréal Maghreb-Unesco : Le glamour se conjugue aux recherches poussées

Contrairement à l’édition 2017 lors de laquelle les boursières L’Oréal Maghreb -Unesco avaient quasiment le point commun de se pencher sur des recherches ayant trait au cancer, celles de 2018 travaillent sur des sujets variés.

Des recherches assez intéressantes qui portent notamment sur des sujets d’actualité. Lors d’une rencontre mercredi dernier avec la presse, les 5 lauréates ont détaillé la nature de leurs recherches qui font leur fierté. La bourse de L’Oréal de l’ordre de 10.000 euros pour chacune étant, selon leurs dires, une «récompense».   

Un projet qui s’inscrit dans le Plan Maroc Vert

La boursière marocaine Houda Taimourya fait des recherches sur le «traitement du sol par les plantes». Pour ce faire, elle traite, selon ses dires, «les mauvaises herbes dans un laboratoire». La valeur ajoutée de sa technique, qu’elle considère «innovante » tout comme les autres recherches post-doctorat réalisées par ses pairs, consiste à entreprendre un «traitement magnétique». Le tout en recourant, selon Houda Taimourya qui fait sa recherche dans la région de l’Oriental, à la «phytoremédiation». Une technique consistant, comme elle l’explique, à utiliser les plantes pour dépolluer le sol. « Il s’agit de chercher des plantes dans des sites contaminés par des végétaux », détaille-t-elle. A ce niveau-là, la phytoremédiation intervient, selon ses dires, par traitement magnétique pour dispenser des méthodes bio pour les plantes. Tel est l’intérêt ultime de la recherche de cette boursière. Une autre Marocaine s’est, quant à elle, consacrée à une recherche dédiée à l’éducation.

Evaluer les élèves par l’informatique

Quant à la Tétouanaise, Hasnaa Chaabi, elle a, selon ses dires, créé une «pédagogie innovante conjuguée à l’informatique». En entreprenant une telle démarche, la lauréate veut, comme elle l’exalte, «créer un modèle pédagogique marocain». En détail, son apport consiste à créer une plate-forme offrant des unités d’enseignement et des cours pour améliorer l’éducation de l’enfant. En d’autres termes, elle morcèle les apprentissages en unités pédagogiques pour faciliter la tâche à l’enfant. «Ce programme en ligne et présentiel fait également l’objet d’évaluation. C’est l’informatique qui se met au service de la pédagogie», explicite-t-elle. De par son objet, cette recherche est assez intéressante pour le système éducatif. Son adoption serait salutaire.    

 Des neutrons pour détruire les cellules cancéreuses en une séance

Issue du pays voisin, Lilia Zaidi développe une thérapie par neutrons pour cibler les seules cellules cancéreuses. «C’est une technique très efficace», précise-t-elle. Mieux encore, son procédé a une particularité inédite. «Par cette technique, les patients peuvent être traités en une seule séance», se félicite la chercheuse. Pour permettre aux patients d’en bénéficier, des réacteurs nucléaires sont, selon ses dires, censés être implantés dans les hôpitaux. «La difficulté de cette technique réside dans la production d’un pseudo-neutron optimisé. Quant au besoin, il se situe au niveau de la disponibilité d’accélérateurs de particules», avance-t-elle.

Pour l’heure, un intérêt est porté à cette technique au … Japon !

Les huiles essentielles mêlées aux bactéries lactiques

De son côté, la Tunisienne Olfa Ben Braiek développe une recherche qui consiste à extraire des huiles essentielles pour les exploiter dans une activité antimicrobienne. «Il s’agit de mélanger les huiles essentielles aux bactéries lactiques à partir de produits non fermentés», détaille-t-elle à propos de sa recherche. L’objectif ultime étant d’utiliser ces antimicrobes comme nouvelles bioressources à applications alimentaires et thérapeutiques. «Je compte lancer une start-up pour produire ces formules. Aussi, je veux bien faire un projet bilatéral avec un pays maghrébin», poursuit-elle en guise de perspective.   

Du henné pour prévenir l’Alzheimer

Pour sa part, la Tunisienne Zohra Dhoufali procède, comme elle l’explicite, à la purification du henné pour prévenir et guérir l’Alzheimer. Selon ses dires, sa méthode consiste à stopper le processus de développement des plaques engendrant cette maladie. «Les tests ont eu un effet puissant chez les humains. C’est un traitement préventif et curatif à la fois», précise-t-elle. Outre cette phase de soins, la boursière passera avec L’Oréal aux tests cliniques. En développant cette méthode, Zohra Dhoufali pense non seulement aux patients mais aussi aux familles. Au-delà de ces recherches, la cérémonie de remise des bourses s’est distinguée par plusieurs annonces.

Une nouvelle directrice et une charte

La soirée consacrée à la remise des bourses était marquée par l’annonce du nom de la nouvelle directrice de L’Oréal pour la région Mena et le Maroc. C’est pour la première fois d’ailleurs qu’une femme prend les rênes de la région. Ainsi, Philippe Raffray cède le flambeau à Leila Benjelloun. «Nous partageons vos défis et difficultés. Notre rôle est de vous faire rayonner au Maghreb», indique la nouvelle directrice à l’adresse des lauréates. Par l’occasion, une charte appelée «Men for Women in science» (Les hommes s’engagent pour les femmes en science) a été signée par le ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saïd Amzazi, le secrétaire général du gouvernement, Mohamed Hajjoui, le ministre délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, Abdelkrim Benoutiq, et le secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, Omar Fassi Fehri, entre autres.   

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