De toutes les couleurs : Nature et peinture

De toutes les couleurs : Nature et peinture

La nature est une source d’inspiration inépuisable pour les artistes qui savent garder les yeux ouverts pour lui «voler ses idées». La vie et la nature sont d’incroyables stimulateurs pour les esprits créatifs. L’artiste sait détecter les formes et les couleurs naturelles et déguster la chaleur du soleil, la fraîcheur de la brise, l’odeur de l’océan, l’humidité de la forêt… Cet arbre qui, pour beaucoup de gens, est une simple chose verte qui se trouve sur leur chemin peut représenter une grande source d’émotion et d’imagination pour un artiste.
A l’image de l’artiste-poète, la nature réussit à produire les effets les plus beaux et les plus impressionnants avec très peu de moyens. On peut aller aux meilleures écoles d’art pour y apprendre les recettes humaines sans jamais égaler les possibilités qu’offre la nature. Le nombre de combinaisons possibles dans la nature est simplement infini. Il m’arrive de noter en urgence une combinaison inattendue sur le premier bout de papier que je trouve. Croyez-le ou pas, c’est mille fois plus riche qu’un cours sur l’harmonie des couleurs et des compositions.
Sans nécessairement copier la nature telle qu’elle est, on s’en sert pour sélectionner ce dont on a besoin pour compléter son imagination. On la représente à sa manière. La nature suggère l’ambiance et l’artiste l’interprète et la propose aux yeux des observateurs pour y jeter un regard frais. C’est incroyable comment la nature peut aussi aider à résoudre des problèmes de peinture : combinaisons de couleurs, formes, courbes, ombres, lumières, contrastes,…
Il y a quelques jours, j’ai eu une grosse envie de vert. Mais, côté coordination des couleurs, quelque chose n’allait pas. Un nu tout en vert était difficile à réaliser. Divers verts les uns sur les autres donnaient trop de… vert. Alors, mon envie de vert passée, j’ai laissé la toile de côté pour en entamer d’autres.
Puis au moment où je n’y pensais plus, j’ai vu une femme en djellaba dans des tons ocre-orange traverser un espace vert. Je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à ma peinture verte.  De retour à mon atelier, je me suis efforcé de recréer l’ocre-orange de cette inconnue. Et voilà, c’était ce qu’il manquait à ma peinture pour trouver une certaine harmonie. Et si cette combinaison n’était pas la meilleure, au moins elle était mieux que ce que j’avais trouvé jusque-là ! Alors, toutes proportions gardées, cette relation homme-nature m’a fait penser à ce qu’a dit William Blake : «Quand les hommes et les montagnes se rencontrent, d’importantes choses peuvent se passer».
Certains se demandent si l’art pouvait exister sans la nature ! Moi, je pense que cette question d’ordre philosophique est complexe car le monde, dès qu’il existe, est nature.

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