Des sitcoms démunies d’humour

Pas besoin d’être un spécialiste de la télé pour constater que les deux sitcoms diffusées depuis une semaine sur les deux chaînes nationales brillent par leur médiocrité. Si les citoyens subventionnent l’audiovisuel national, en payant des redevances, c’est pour apprécier des programmes nationaux de qualité. C’est loin d’être le cas. Pourtant, le ramadan est une période idoine pour les chaînes nationales de se réconcilier avec leur public. Au nom de la proximité et de l’audimat, les deux chaînes n’ont pas le droit de nous fourguer n’importe quoi ! Les sitcoms, Lalla Fétama (2M) et la famille Si Marbouh (TVM) l’ont bien prouvé cette année.
Commençons par la version 2 de la série « Lalla Fatéma ». Rappelons qu’en 2001, cette sitcom, concoctée par l’équipe d’Ali’n production a réussi à avoir la sympathie du public. Ne fallait-il pas capitaliser sur ce succès avant de se lancer dans une deuxième version ? Pour cette année, cette sitcom qui se veut humoristique brille par le manque d’imagination au niveau du contenu. Le déficit en matière de scénario est flagrant. Même la prestation des deux acteurs « phares » de la série, Khadija Assad et Aziz Saâdallah ne convainc pas. Quant à Amal Al Atrach, qui joue le rôle d’Aïcha, elle se contente d’excès qui nous font grincer des dents à défaut de nous faire rire.
Le cas de la sitcom la famille Si Marbouh 2 est beaucoup plus flagrant. On se demande quelle mouche a piqué la TVM pour reconduire cette série, alors qu’elle ne maîtrise pas les règles de l’art en la matière. C’est un fiasco total. Dans cette série, qui illustre une famille marocaine atypique, l’humour plat est au rendez-vous. Il faut bien reconnaître que depuis des années, la vieille chaîne développe ce genre d’humour sans se soucier des goûts du public.
Heureusement que cette sitcom n’est pas programmée en prime-time. Dans cette série, la bêtise et l’improvisation l’emportent sur le souci de la qualité. Scénario, réalisation, prestation des acteurs…tous les ingrédients d’une sitcom de qualité sont absents. Quoi qu’il en soit, ce type de programmes trouve des adeptes chez une catégorie de nos téléspectateurs. Tant mieux pour la TVM !
La médiocrité des deux sitcoms trouve son origine dans la politique de production des chaînes nationales. Tout se fait dans la précipitation et l’improvisation. Les deux chaînes collaborent avec les mêmes auteurs sans donner la chance à de nouveaux talents. C’est le pauvre téléspectateur qui paie les frais. Celui-ci n’a d’autre choix que de faire le tour des autres chaînes de télévision. Il attend avec impatience la fin du mois pour tourner la page. Mais la frustration est toujours là.
Il se trouve que nos télévisions oublient souvent que les Marocains sont de grands consommateurs d’images. Ce qui veut dire, qu’ils peuvent comparer avec ce qui se fait ailleurs. La télé marocaine ne peut faire face à la concurrence des chaînes satellitaires en cultivant des programmes qui manquent de créativité. Il faut dire aussi que dans le domaine des sitcoms, on a beaucoup de choses à apprendre. Pas besoin de faire dans la précipitation pour remplir des plages horaires.
Une chose est sûre : les deux séries diffusées sur les deux chaînes nationales sont loin de correspondre aux critères admis en la matière. On verra l’année prochaine.

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