Fonds audiovisuel : le retard dans l’air

Fonds audiovisuel : le retard dans l’air

Le ministère de la communication a du pain sur la planche. Lors des Assises de l’audiovisuel du 7 juillet dernier à Casablanca, le ministre de tutelle, Nabil Benabdellah, avait émis l’idée de création d’un fonds d’aide pour l’audiovisuel. Ce projet, on se rappelle, avait séduit plusieurs professionnels du secteur puisque cela devait en effet permettre de subventionner les fictions télévisuelles. Le réalisateur Hamid Bennani en fait partie. «L’idée de créer ce fonds est un projet ambitieux étant donné que cela devrait permettre aux fictions télévisuelles de bénéficier de plus de moyens indépendamment de ceux délivrés par la commission de soutien des chaînes», a-t-il déclaré. Après la bonne réception du public, il est temps aujourd’hui pour que ce projet devienne réalité. Du côté du ministère de la Communication, il semblerait que le chantier ne va démarrer qu’à partir de septembre prochain.
«Un comité vient de se réunir la semaine dernière pour suivre les recommandations des Assises», souligne une source de cette institution. Le projet du fonds d’aide audiovisuel est donc toujours en phase de réflexions. Tout ce qui est structure et organisation n’a pas encore été décidé. A part le budget de fonctionnement fixé à 100.000 DH, rien n’est encore clair. Si Hamid Bennani est optimiste et déclare que ce fonds pourrait être effectif à partir de septembre, Saâd Chraïbi, lui, est sceptique. Selon ce cinéaste, le fond en question risque de connaître un retard. «Les recommandations des Assises viennent à peine d’être déblayé, il serait donc prématuré de parler du fonds», a-t-il déclaré.
Le réalisateur évoque ici des formalités qui risquent de prendre plus de temps que prévu. «Ce fonds, doit être validé par la loi de finances qui n’est votée que vers fin septembre-début octobre». Si la loi est votée, il faudrait donc s’attendre à sa mise en application vers novembre-décembre. Autre entrave à la concrétisation des travaux de ce fonds, l’ambiguïté dans l’intitulé «Il n’a pas encore été décidé si ce fonds va subventionner toutes les productions audiovisuelles ou si cela servirait à financer uniquement les fictions télévisuelles», souligne Saâd Chraïbi.
Sur cette orientation, la décision n’a pas encore été prise, même s’il est important de définir la mission exacte de cette entité. «Si le fonds doit subventionner toutes les productions audiovisuelles, le budget de 100.000 DH est insuffisant, il faudrait augmenter l’assiette». Ainsi se limiter aux fictions paraît, au sens de Saâd Chraïbi, plus logique, voire plus réalisable. Concernant les personnes qui devront juger les œuvres audiovisuelles, les noms n’ont pas encore été annoncés. Le ministère de la Communication ne dispose pas de plus de détail. Le mois d’août déjà entamé, les vacances sont annoncées comme étant une période de réflexion. Y compris pour le chantier du fond pour l’audiovisuel.


 Les recommandations
des assises


Lors des Assises de la production audiovisuelle du 7 juillet à Casablanca, les professionnels du secteur ont discuté d’un certain nombre de questions. Trois pannels avaient été organisés pour cerner toutes les difficultés touchant à la production audiovisuelle. A comprendre ici, le cinéma et la télévision. Organisés par le ministère de la Communication en partenariat avec l’Association des entreprises du secteur audiovisuel (ASESA) et la coalition marocaine des arts, ces Assises ont abouti à un certain nombre de recommandations. Il s’agit entre-autres de l’identification et la spécialisation des corps de métier, l’incitation des producteurs à contracter des assurances et la création d’un institut marocain de formation aux métiers de l’audiovisuel. Mais la proposition qui a le plus intéressé les professionnels du secteur et qui leur a paru plus concrète est celle de la création d’un fonds d’aide pour la création audiovisuelle.

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