Idir en concert à Casablanca

Idir en concert à Casablanca

Il a marqué toute une génération aussi bien d’artistes que de fans, tant par son engagement pour la cause berbère que par la qualité de ses oeuvres. Discret, Idir n’en est pas moins un cas à part dans la chanson algérienne. Sa chanson mythique «A Vava Inouva», pour ne citer que celle-là, a fait le tour du monde et continue encore de constituer un véritable hymne pour des millions de Kabyles, et par extension, de berbères.
Un art et un engagement que le chanteur ne manquera pas de partager avec le public marocain. Et pour cause, Idir sera parmi nous ce soir, à la cour de l’Ecole Molière de Casablanca, pour un concert organisé par l’Institut français de Casablanca.
L’occasion d’approcher de plus près ce chanteur algérien qui, sa vie durant, n’a cessé de lutter pour la reconnaissance du berbère dans son pays, aux côtés de l’arabe et du français. Pour être, et comme le dit l’artiste lui-même, «un Algérien à part entière et non plus entièrement à part».
Un seul titre aura suffi à éveiller bien de consciences et inscrire l’artiste dans les charts des meilleures ventes : «Txilek elli yi n taburt a vava inouba / accencen tizebgatin im a yelli ghriba» (Je t’en prie, père Inouba, ouvre-moi la porte / O fille Ghriba, fais tinter tes bracelets»). Ce refrain de la chanson kabyle «A Vava Inouva», hymne aux neiges éternelles des montagnes kabyles, a fait le tour du monde au début des années 70. Mais seuls les quelques 12 millions de Berbères dispersés dans l’Afrique septentrionale et saharienne ont pu comprendre le sens de ces paroles. Cette chanson est pourtant devenue un tube international.
Son auteur, le jeune Algérien Hamid Cheriet, a choisi le pseudonyme Idir («Il vivra» en kabyle). «A l’époque des grandes épidémies, on prénommait ainsi les nouveau-nés pour conjurer le sort. Je l’ai choisi en pensant à ma culture que je sentais menacée», dit-il dans des propos relayés dans un communique de l’IFC.
Pourtant, la chanson n’est plus ni moins est un accident de parcours dans la vie de Hamid Cheriet, né en 1955 à Aït Lahcêne, village reculé de la montagne Djurdjura, en Grande Kabylie. En 1973, à l’âge de 18 ans, il est appelé à remplacer in extremis la célèbre chanteuse Nouara, empêchée d’interpréter en direct sur la radio kabyle d’Alger la berceuse qu’il a composée pour elle. Le succès est immédiat.
En 1975, il va à Paris pour signer un contrat avec Pathé-Marconi et il y reste. Depuis, l’enfant des Aurès ne cesse de défendre la culture berbère, prolongeant ainsi un mouvement lancé à partir des années 40 par de grands écrivains algériens tels que Jean Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine.
Essentiellement concentrés dans les montagnes du Maroc et de l’Algérie, les berbères parlent chaoui, chleuh, kabyle, mzab, rifain, shawiya, tshalhit, touareg, targui, tarifit, autant de dialectes du tamazight, leur langue maternelle, qui n’est reconnue comme nationale qu’au Niger et au Mali.

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