Jawad Alami sous les feux de la rampe

Jawad Alami sous les feux de la rampe

Il n’est peut-être pas assez connu, mais ceux qui suivent de près l’évolution des jeunes comédiens au Maroc l’auront sans doute retenu comme l’un des talents prometteurs de la scène. Fatima Ali Boubekdi ne s’est pas trompée en confiant le rôle de jeune premier dans son téléfilm «Souk n’ssa », projeté lundi soir en avant-première à Casablanca. Rodé et érodé par tant d’années de théâtre dans la maison des jeunes de son quartier natal Derb Soltane, ou encore avec l’Atelier de théâtre Stanislavski de la Faculté des sciences juridiques de Casablanca, Jawad Alami a signé avec ce rôle-titre une apparition qui ne laissera pas indifférent. Dans ce téléfilm, cet acteur a osé un registre redoutable : le rôle de composition. Ici, on le trouve dans le rôle d’ «étudiant en théologie », là, travesti en femme pour conquérir le cœur d’une fille, ailleurs, en cavalier digne des grands chevaliers du bon vieux temps… Mais d’où vient alors ce jeune comédien devenu professionnel à 22 ans ?
Né en 1977 à Derb Soltane, Jawad Alami a commencé à faire du théâtre à l’âge de six ans. Fils d’un fabriquant de chaussures, il a fait ses premiers pas à l’Ecole où, dit-il, prenait plaisir à « parodier ses instituteurs et institutrices » à l’heure de la récréation. Ce fut l’époque du théâtre scolaire. Plus tard, à l’Université, il rejoint l’Atelier « Stanislavski» de la Faculté des sciences juridiques (Route d’El Jadida, Casablanca). Etudiant en Droit, il est resté surtout passionné de théâtre. Sa qualité de jeu ne manquera pas de se faire remarquer très tôt, à travers plusieurs adaptations théâtrales : «Caligula» d’Albert Camus, « Richard III»  mais aussi et surtout «Le Roi Lear» qu’il a joué avec une maîtrise telle qu’il a eu droit à une longue standing-ovation lors du Festival international du théâtre universitaire de Casablanca (FITUC, 2002). Bien avant, en 1999, Abdeladim Chennaoui a fait appel à lui pour jouer aux côtés de professionnels de théâtre tels que Fatéma Khayr, Saâd Tsouli, Abdelkader Lotfi et des membres du groupe Jil Jilala. Avec ces derniers, il a joué dans « Bin l’bareh w’lyoum », sur un texte qui porte la signature de Moulay Abdelaziz Tahiri, l’un des membres fondateurs de Jil Jilala. Dans cette pièce, Jawad Alami campe un jeune personnage hippy des années soixante-dix. «Avec cette pièce, j’ai franchi mon premier pas vers le professionnalisme », explique-t-il. Modeste, il dit qu’après tout ce parcours, il s’apprête toujours à être comédien. « Je ne veux être ni réalisateur, ni scénariste, simplement comédien », précise-t-il. S’agissant de cinéma, Jawad Alami se prépare à faire une première apparition cinématographique dans le film «Abdou et les Almohades » de Saïd Naciri. Le cinéma va-t-il porter chance à ce jeune acteur ?
Le temps est un galant homme…

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