La censure égyptienne s’attaque au phénomène de films d’enfants

Quatre films dont les vedettes sont des enfants sont actuellement en tournage au Caire, et le directeur de la Censure Madkour Thabet a indiqué mardi à l’AFP que son organisme avait exigé qu’un grand nombre de scènes de ces films soit coupé car elles contreviennent aux valeurs pédagogiques. »Nous avons décidé d’adopter une position ferme à l’égard des quatre films car nous avons estimé qu’ils exploitent les enfants à des fins commerciales », a expliqué M. Thabet. La censure a coupé dans ces films toutes les scènes relatives à la consommation de drogue, celles où sont employés des mots inconvenants et certaines scènes de violence, dont une où des enfants battent leur instituteur. M. Thabet a indiqué que ces scènes avaient été censurées afin d’empêcher « leur influence négative sur un auditoire enfantin ». Mais il a dans le même temps décidé de former une commission de 40 membres dont des critiques de cinéma, des éducateurs et des intellectuels qui prendront la décision finale d’autoriser ou non ces films lorsqu’ils seront achevés, a-t-il indiqué. La censure « se réserve le droit » d’interdire ces films, a-t-il souligné. Selon le critique Tarek Chennaoui, le phénomène des films ayant pour vedettes des enfants est apparu avec le grand succès commercial d’un film récent « Des voleurs au jardin d’enfants », dans lequel une petite fille, Hoda Ammar, jouait la vedette. L’affluence qu’a connue ce film « a encouragé les producteurs » à faire des films similaires, a précisé M. Chennaoui. Les quatre films en tournage sont : « Six singes », du réalisateur Ahmad Awad, dans lequel six enfants d’un quartier populaire contribuent à faire élire l’un des hommes du quartier au parlement. « Spicy baby » du réalisateur Adel Yehya, se situe dans le quartier populaire de Boulaq au Caire, et a un thème similaire. Farah, de Adel Yehya également, dont la vedette est une orpheline adoptée par un homme d’affaires établi à l’étranger et qui parvient à le convaincre de retourner en Egypte. « Bébé terrible », raconte l’histoire d’une institutrice qui parvient à changer l’attitude de ses élèves agitateurs.

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