La derâa et la melhfa : Simplicité et élégance aux couleurs du Sud

La derâa et la melhfa : Simplicité et élégance aux couleurs du Sud

Dans le Sud marocain, les hommes et les femmes portent des vêtements spécifiques à la région, qui sont caractérisés par leur simplicité et leur élégance. Les hommes portent la derâa, alors que les femmes portent la melhfa.
Malgré les changements intervenus au niveau des modes de vie, avec la sédentarisation de la population, les Sahraouis continuent de garder des costumes féminins et masculins, dont l’origine remonte aux temps anciens. Et contrairement à ce que l’on peut penser, les Sahraouis s’adonnent à leurs activités le plus normalement possible, puisqu’ils n’éprouvent aucune difficulté à exécuter une quelconque tâche, aussi complexe soit-elle, en portant leurs vêtements traditionnels.
Pour toute personne étrangère aux villes du Sud du Royaume, la première chose que son regard captera dans ces villes, ce sont les voiles colorés dans les rues, qui sont portés part les femmes de la région. Cette tenue vestimentaire des femmes est constituée de melhfa qui est un grand tissu qu’elles entourent autour du corps, ce vêtement peut prendre plusieurs couleurs et il peut être aussi du sari imprimé de plusieurs couleurs et dessins. Dans les traditions de cette région, la melhfa doit couvrir tout le corps de la tète aux pieds, la femme ne doit pas laisser apparaître ses cheveux.
«Les goûts et les aspirations d’une jeune Sahraouie de vingt ans ne sont certainement pas ceux d’une dame de soixante ans.», confie, à ALM, Salka une jeune Sahraouie de 25 ans.
Ces melhfas ne sont pas tous identiques puisqu’il y a celles qui se portent seulement pour les occasions, celles que les femmes sahraouies mettent chez elle, les melhafs portées par les jeunes filles et celles portées par les vieilles dames. Et il suffit d’assister à un mariage, ou à une quelconque festivité religieuse, pour se rendre compte à quel point les Sahraouies restent fidèles à leur plus belle tradition.
«Il s’agit d’une tenue vestimentaire féminine de 4 mètres de longueur et d’une largeur ne dépassant pas un mètre et soixante centimètres et dont le prix varie entre 40 et 8000 dirhams, et souvent les plus chères sont réservées pour les mariages et les grandes fêtes», explique à ALM Mohamed Lamine, un commerçant de vêtements féminins. Et qui ajoute que ces melhfas sont fabriqués avec toutes sortes de cotons dont certains sont très fins. Selon ce commerçant, vu la mondialisation, de nouveaux types de tissu commencent à envahir les marchés des provinces sahariennes, et les melhafs les plus chères sont celles qui viennent de la Mauritanie. Bien plus la demande est très forte sur les melhfas du fait que la femme sahraouie peut changer deux ou trois fois par jour sa melhfa, et même à la maison doit en mettre une. Aux pieds, la femme sahraouie porte des babouches ou nâayel , et pour les cérémonies familiales et les fêtes, elle porte des bijoux en argent.
Quant au costume masculin sahraoui, la Darâa, elle reste dominée par deux couleurs, le blanc et le bleu. Il s’agit d’une tunique ample ayant deux ouvertures sur les côtés ainsi qu’une poche au niveau de la poitrine, le choix de ces deux couleurs est conçu pour protéger contre la chaleur et les rayons ardents du soleil. La darâa est en principe longue et couvre le corps jusqu’ à la cheville, et dont le prix peut aller de 1500 à 10000 dirhams. Sous la darâa, le Sahraoui porte un pantalon bouffant au fond très bas, pouvant se situer au niveau des jambes, il est très adapté aux positions de vie accroupies, à genoux ou assis en tailleur. Sous ses vêtements, le Sahraoui porte des talismans pour se protéger contre différents maux, malchance ou mauvais œil. Et souvent le Sahraoui porte deux vêtements blancs sous la darâa blanche.
Sur la tête, les hommes sahraouis portent un lithâm noir, qui est une couverture pour la tête et le visage, et qui est destine à protéger le visage contre la chaleur, les brûlures et les aspérités de l’environnement. Le Sahraoui s’en sert également comme couchette en été, pansement pour couvrir une blessure. A part sa valeur esthétique, et l’élégance qu’il confére à celui qui s’en habille, la darâa témoigne également du statut social du concerné. D’ailleurs, dans les souks de la ville de Laâyoune, comme dans les autres villes sahariennes, le commerce du melhfa et de la darâa est très florissant, et il n’est pas étranger de trouver des commerçants venus de Mauritanie pour pratiquer ce commerce, qui bat son plein à l’occasion des fêtes religieuses et les cérémonies de mariage.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *