La presse britannique en crise

La presse écrite et son modèle économique sont particulièrement touchés: les ventes baissent inéluctablement (les lecteurs migrent sur les sites en ligne), la chute des recettes publicitaires s’amplifie et les journaux gratuits saturent le marché alors que s’annonce une prochaine forte hausse du prix du papier. Même s’il est difficile de comptabiliser avec précision les emplois perdus dans ce secteur, la Press Gazette estimait récemment à 140 par semaine en moyenne depuis juillet les suppressions de postes dans les quotidiens, en particulier au sein des rédactions d’une presse régionale littéralement sinistrée. Tous les quotidiens nationaux ont annoncé cette année des coupes dans leurs effectifs. Même scénario et plans d’austérité dans les radios et télévisions où des plans pluriannuels prévoient la suppression de milliers d’emplois, notamment à la BBC (3.000), ITV (1.000) et Channel 4 (150). «Toutes les entreprises de médias font face à des difficultés et l’année à venir sera difficile. Vous allez même voir de nouvelles opérations de dégraissage», prédit le magnat Rupert Murdoch dont l’empire a fait état d’une baisse de 30% des profits à la fin septembre. L’éditeur écossais Johnston Press, qui publie 18 quotidiens régionaux et quelque 300 hebdomadaires locaux, a confirmé une diminution depuis le début de l’année de 12,4% des effectifs de ses journaux. Trinity Mirror, le premier groupe de presse (5 journaux nationaux et 150 titres régionaux), a annoncé une baisse de 46% des recettes tirées des petites annonces immobilières. La croissance des recettes liées à l’Internet ne dépasse pas un rythme de 5%, les revenus globaux du groupe baissant de 13%. Le groupe du Daily Mail (DMGT) devrait rendre public jeudi un plan d’économie de 30 millions de livres (38 millions d’euros) avec jusqu’à 300 suppressions d’emplois, notamment à Londres (Evening Standard et Metro). Des rumeurs récurrentes sur la possible vente du quotidien The Independent (et de son édition dominicale) chroniquement déficitaires se font de plus en plus pressantes. Un seul quotidien national, le Financial Times (+0,5%, 451.000 exemplaires), enregistrait une hausse, faible, de sa diffusion en octobre de son édition britannique, par rapport à l’année précédente. Pour tous les autres, mois après mois, la baisse des ventes au numéro se poursuit.

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