Larbi Yacoubi : «La beauté de l’être humain m’a toujours fasciné»

Larbi Yacoubi : «La beauté de l’être humain m’a toujours fasciné»


ALM : Vous avez assisté à la naissance du théâtre et du cinéma marocain. Comment est née votre passion ?
Larbi Yacoubi : C’est  avec le théâtre en 1950 qu’a commencé mon aventure. J’ai rejoint cette année la troupe franco-marocaine «Troupe Maâmora». J’étais à la fois costumier et comédien. Mon premier film est «Maria Magdalena», une production italienne qui date de 1959. J’ai fait par la suite les costumes du film historique «Arissala» de Mustapha Akkad. J’avais aussi beaucoup appris en travaillant  aux côtés de la costumière Phillis Dolton dans  le tournage du film de David Lynch «Laurence d’Arabie». J’ai aussi collaboré avec des réalisateurs comme Francis Ford Coppola (Le retour de l’étalon noir) et Martin Scorsese (La dernière tentation du Christ). J’ai également travaillé avec plusieurs cinéastes marocains comme Jilali Ferhati, Farida Belyazid et Moumen Smihi.

Que représente pour vous cet hommage qui vous a été rendu au Festival international du film de Marrakech ?
Je ne m’attendais pas du tout à cette consécration dans mon pays. Mais cet hommage ne représente pas pour moi la fin d’une carrière. J’ai encore des projets à faire. Je travaille actuellement sur les costumes d’un documentaire du réalisateur Fouad Chella, intitulé « Les enfants de Ramsès ». On vient également de me proposer tout récemment de dessiner les costumes d’une production américaine. Pour faire les costumes de ce genre de film, il faut d’abord bien connaître l’histoire. Je suis spécialisé dans l’histoire des costumes qu’ils soient chinois, Sarrasins, ou autres  et appartenant à n’importe quelle époque.

Qu’est ce qui vous a marqué le plus dans votre vie ?
La beauté de l’être humain m’a toujours fasciné.

Qu’est-ce que vous n’aimez pas chez l’Homme ?
Je déteste la rudesse. Et je pense qu’on devient rude, avide et inconscient quand on oublie la vie, la nature et le côté doux de la religion. Je pense que les gens étaient plus rudes et plus sanguinaires auparavant. L’homme retrouve sa noblesse et sa générosité dans ces moments de décadences qui lui font savoir qu’il était quelqu’un avant. C’est alors qu’il porte l’héritage de sa grandeur et devient plus humble et noble.

Outre les costumes, qu’est ce qui vous passionne ?
J’aime cuisiner, mijoter des plats pour des amis ou pour moi. Je préfère cuisiner les artichauts farcis avec une sauce de jus de citron.

Et qui confectionne vos costumes ?
Je confectionne mes costumes moi-même.

On vous a vu au cours du festival de Marrakech avec un citron dans la main ?
J’aime le citron. J’aime quand il mûrit dans mes doigts. Je le presse délicatement. Je prends souvent des citrons pour en faire une petite compote avec une poire ou tout simplement le sucer. De petite satisfaction de vieillard. Des petites choses qui nous rendent la vie plus supportable. Le citron est mon meilleur ami. J’aime lire tout ce que fait Pierre Belmar, écouter le malhoune, la musique andalouse et le jazz. Je trouve que notre musique arabo-andalouse constitue un réel trésor.

Qu’est-ce qu’un artiste pour vous ?
Un vrai artiste l’est par son cœur, son comportement et sa finesse. Il doit croire en lui. Il doit avoir l’esprit éduqué, que ce soit par la vie ou par ses parents.

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